Entretien avec Gaëtan Van Belle
La BRASIMBA fête ses 90 ans, Mining and business a rencontré Gaëtan Van Belle, directeur général de la BRASIMBA, à cette occasion

Mining&Business: Mr Gaëtan Van Belle, pouvez-vous nous présenter la société BRASIMBA ? 

GVB : La BRASIMBA est une brasserie qui appartient au groupe Castel depuis 1994, mais elle est présente au Katanga, donc en RDC depuis 1925. Elle fête d’ailleurs cette année ses 90 ans d’existence. BRASIMBA opère sur la moitié de la RDC, la partie Sud et Est comprend 4 brasseries (Lubumbashi, Mbuji-Mayi, Kolwezi,et Beni) et 12 centres de distribution. Sur la partie ouest de la RDC, opère BRACONGO, une société sœur. BRASIMBA compte 870 agents en emplois directs, 560 intérimaires. Environ 1500 personnes travaillent dans nos brasseries et nos centres de distribution. 

MBM: Avez-vous une idée du nombre de familles que BRASIMBA fait vivre ?

GVB : On estime à plus de 5000, les points de vente sur le Katanga, donc environ 5000 familles profitent du business dans la distribution de nos boissons. La BRASIMBA produit des bières, des boissons gazeuses et de l’eau ; 90% de nos volumes sont des bières ; cela s’explique par le fait que la bière est l’alcool de premier prix pour la population. Et dans un pays où l’on a 60% de chômage et donc un pouvoir d’achat faible, nos premiers consommateurs restent des adultes qui ont un revenu et donc qui consomment pour eux. Au Katanga, nous avons 85 % des parts des marchés ; un chiffre par ailleurs vérifiable, car notre seul concurrent en bière c’est BRALIMA qui s’est installée ici il y a une dizaine d’années et qui a créé certaines marques. Cependant, BRASIMBA a toujours affiché des marques fortes comme la SIMBA ou la TEMBO. Maintenant la CASTEL, la SKOL, la GUINESS, la DOPPEL et bien d’autres. On mène beaucoup d’actions marketing sur nos marques et on est fiers d’être l’un des sponsors du TP MAZEMBE; cela fait 5 ans que nous soutenons TP Mazembe, et en 5 ans, le TP Mazembe a été trois fois champion d’Afrique. C’est une fierté pour nous. Concernant les 90 ans d’existence de BRASIMBA, nous organisons un événement qui réchauffera l’esprit du personnel ; les grands évènements dans la vie d’une société sont généralement les 25, 50, 75 et 100 ans. Nous avons inscrit le logo « 90 ans » sur nos communications pour insister sur le fait que nous resterons toujours présents ici. 

MBM : Vous avez communiqué tout au long de 2015 ? 

GVB : De manière directe et indirecte. Il a été décidé avec nos patrons de marquer l’évènement en décembre. Une fête réunira tout le personnel pour fêter l’évènement au sein de la brasserie, parce que ce ceux sont eux qui ont fait la brasserie en 90 ans. On fêtera avec tous les employés et quelques-uns de nos proches partenaires. 

MBM : Quels sont les principaux Challenges que rencontre Brasimba en RDC ? 

GVB : Les challenges de la BRASIMBA sont liés à l’activité économique de manière générale et à la population, parce que nos produits ne sont pas encore consommés par tout le monde. Le développement de l’économie permettra à notre entreprise de prospérer davantage. Le deuxième souci majeur dans notre métier est de produire, de distribuer davantage vers les consommateurs. La stratégie, c’est de vendre soi-même avec ses moyens de distribution et d’attaquer directement le marché. 50% de volume est fait par les distributeurs, avec qui l’on travaille depuis longtemps. 50% sont fait de manière directe. C’est-à-dire, par nos propres moyens, avec nos camions. Mais le véritable challenge, ce sont les infrastructures et c’est là notre plus grand frein, comme beaucoup d’autres opérateurs économiques en RDC. Les problèmes d’eau et d’électricité, on arrive à les gérer. Par contre, ce qui est indépendant de notre savoir-faire c’est la gestion des infrastructures. Aujourd’hui, on n’arrive pas à atteindre nos objectifs dans les deux Kasaï ou à l’Est à cause des infrastructures. 

MBM : Quid du développement à moyen et à long terme ? 

GVB : Continuer à investir dans nos centres de distributions et dans nos usines qui sont en dehors de Lubumbashi ; on a l’usine de Kolwezi, l’usine de Mbuji-Mayi et l’usine de Beni, mais elles sont en sous-capacité; on souhaite donc améliorer les productions dans ces sites pour désengorger Lubumbashi. Nos ambitions, c’est de continuer à investir dans l’outil de production pour développer nos gammes et la qualité. 

MBM : Avez-vous une idée de combien de sous-traitants vous faites vivre ? 

GVB : La politique de BRASIMBA et du groupe Castel est de faire travailler le maximum de sous-traitants locaux. On utilise de la main-d’œuvre en sous-traitance. Au niveau des fournisseurs, on utilise des fournisseurs locaux. La seule règle que le groupe Castel nous impose c’est de travailler avec les fournisseurs européens sur un certain nombre de matériaux propres à l’industrie. Je prends le cas du malt, de certains extraits et certaines pièces de rechange. 

MBM : Et la politique de qualité ? 

GVB : On ne peut pas déroger sur la qualité. Juste un exemple: La direction du groupe portée par Mr Castel reçoit tous les 15 jours les échantillons de nos bières pour les déguster, c’est très important et c’est ce qui fait la différence avec d’autres brasseries.

MBM : Une question par rapport au rapprochement qui a eu lieu en Afrique avec vos deux grands concurrents ? 

GVB : Ce rapprochement nous impacte très peu puisque le groupe castel évolue sur la partie ouest de L’Afrique, tous les pays le long des cotes francophones jusqu’à Lubumbashi, donc on est présents dans 22 pays ; avec plus de 80 brasseries et notre concurrent dans ces pays-là, c’est principalement Heineken. 

MBM : L’alcoolisme est également un problème en RDC. Menez-vous des actions contre ce phénomène ?

GVB : On est conscient que l’on produit de l’alcool et que l’alcool est nuisible à la santé ; on y fait mention dans nos publicités et sur certains de nos produits ; cependant, ce n’est pas le produit qui est mauvais, mais c’est plutôt l’excès dans l’usage qu’on en fait qui pose problème. On fait un effort pour que les plus jeunes n’en consomment pas, mais chacun est responsable de ses actes.

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