Étienne GIROS, Président délégué du CIAN
Créé en 1979, le CIAN est une organisation patronale privée française qui rassemble les entreprises, grands groupes ou PME-PMI, investies sur le continent. Il compte plus de 165 membres (500 000 collaborateurs et 10 000 établissements sur le continent), soit 60 milliards d’euros de CA ou 80 % du volume d’affaires français en Afrique.

Président délégué du CIAN, le Conseil français des Investisseurs en Afrique, fait le point sur les enjeux liant les entreprises françaises au Continent et, plus particulièrement à la RDC. Interview.  

Etienne Giros

Qu’est-ce que le CIAN ?
Créé en 1979, le CIAN est une organisation patronale privée française qui rassemble les entreprises, grands groupes ou PME-PMI, investies sur le continent. Il compte plus de 165 membres (500 000 collaborateurs et 10 000 établissements sur le continent), soit 60 milliards d’euros de CA ou 80 % du volume d’affaires français en Afrique. Son réseau de correspondants et une expertise africaine reconnue lui permettent d’être une force d’influence auprès des pouvoirs publics et des institutions internationales.
Depuis sa création, il encourage ses adhérents à œuvrer pour un développement durable de l’Afrique et à nouer des partenariats avec les acteurs locaux.

Quelle est la vision du CIAN sur la situation économique de l’Afrique et quels sont ses objectifs pour 2018 ?
Après le net ralentissement des deux dernières années, on note une timide reprise soutenue par une remontée des prix des produits de base, notamment miniers, le renforcement de la demande et la fin de la sécheresse dans certaines régions. Cependant, le manque de devises et les incertitudes politiques entravent une reprise plus robuste.
Dans cet environnement, le CIAN a accru son plaidoyer en faveur de l’Afrique et des entreprises. Il a aussi été associé au démarrage du programme « Compact with Africa », lancé par le G20, ainsi qu’au Plan d’investissement extérieur de l’UE grâce auquel seront injectés 4,1 milliards d’euros en effet de levier pour financer des projets privés.
Il a par ailleurs élaboré une charte RSE qui manifeste l’implication sociale et environnementale des entreprises françaises et une nouvelle commission permanente, dédiée au digital, a vu le jour.
Ces actions se poursuivront avec l’objectif permanent de favoriser le développement de l’Afrique, d’y créer des industries de transformation à valeur ajoutée locale afin de sortir de la dépendance aux matières premières, et de promouvoir l’entreprise.

Que représente la zone RDC-Zambie-Angola pour le CIAN ?
Du fait de leur richesse minière évidemment, mais aussi de l’importance de leur population, ces pays sont des marchés potentiels de consommation et de production de grande envergure.

Outre les interventions du FMI, les nécessaires contributions multilatérales (BM, BAD, UE) et bilatérales sont attendues. L’apurement des arriérés intérieurs contribuera à améliorer la trésorerie des entreprises et donc la liquidité des banques. Mais, au-delà du rétablissement des équilibres et de l’activité à court terme, l’enjeu majeur reste la diversification de l’économie, avec l’émergence d’industries de transformation, insuffisamment amorcée jusqu’ici. De même, les changements structurels ne sont donc pas encore assez visibles.

Comment voyez-vous les relations d’affaires entre la RDC et la France ?
Les entreprises françaises sont conscientes de l’énorme potentiel de ce pays, et de la nécessité de consolider son développement. Leur prudence à y investir est due aux troubles récurrents dans l’Est et aux incertitudes politiques qui pèsent sur son avenir. Nous espérons que les prochaines échéances clarifieront cette situation, car les entreprises françaises sont prêtes à accroître fortement leur présence en RDC.
Notre philosophie ayant toujours été de fonder notre présence sur des partenariats avec des entrepreneurs locaux, nous sommes en permanence à la recherche de contacts d’affaires, et surtout de projets à mener en commun.

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