La parole aux opérateurs; Pascal Beveraggi, Chairman de NB Mining
PB: Le gouvernement congolais a promu une loi importante cette année afin d’organiser le secteur de la sous-traitance (minière) dans le pays et a demandé aux entreprises de s’y conformer. C’est maintenant pour moi une priorité d’intégrer les termes de cette loi fondatrice qui va permettre un rapprochement entre les entreprises du secteur et le tissu des hommes d’affaires congolais.

Découverte du secteur de la découverture, Une guerre de tranchées dans les pits?
Mining and Business Magazine donne la parole à Pascal Beveraggi, Chairman de NB Mining sur les questions qui dominent le marché.

Mining and Business Magazine: Monsieur Beveraggi, vous êtes maintenant le repreneur désigné de la société NB Mining, pouvez-vous nous éclairer sur les circonstances qui vous ont amené à reprendre cette société et les raisons pour en devenir le propriétaire?

Pascal Beveraggi: Les circonstances sont malheureusement dues aux difficultés du groupe Necotrans et à l’ouverture de la procédure collective ayant conduit le tribunal de commerce de Paris à procéder à un plan de cession d’actifs. Aujourd’hui, je vous confirme que mon offre de rachat a été retenue par le tribunal de commerce de Paris pour reprendre les actifs miniers du groupe Necotrans dont fait partie NB Mining. Ma souscription intervient dans le prolongement de mon implication personnelle dans cette société dont j’avais été nommé président en novembre 2015. Mon engagement dans cette entreprise depuis près de deux ans est total et sans concession. J’ai pu ainsi développer mes relations et améliorer mes connaissances du pays et de l’environnement économique notamment. Ce niveau d’expérience m’a permis de considérer ce projet de rachat avec le recul nécessaire et poursuivre mes objectifs de développement dans la continuité des actions que j’avais mis en œuvre. La République Démocratique du Congo est un pays d’opportunités et de défis qui offre des possibilités de développement particulièrement intéressantes. Je pense d’ailleurs que les sociétés françaises pourraient s’y intéresser davantage et personnellement je m’inscris totalement dans un processus global permettant de les accompagner dans leur projet d’installation.

M&B: En parlant de continuité, allez-vous changer votre stratégie ?

PB: Je n’ai aucune raison de changer ma stratégie ni mon modèle de gestion, j’ai une totale indépendance aujourd’hui, je me dois d’en mesurer tous les avantages, mais aussi tous les risques qui s’y rattachent. Dans ces considérations, il n’y aura pas d’avant et après ! NB Mining continuera à construire et imposer son identité comme un acteur indépendant du secteur minier.

M&B: D’après vous, quelles sont les priorités pour 2017 et quelle est votre vision à moyen terme de l’évolution du marché en RDC ?

PB: Le gouvernement congolais a promu une loi importante cette année afin d’organiser le secteur de la sous-traitance (minière) dans le pays et a demandé aux entreprises de s’y conformer. C’est maintenant pour moi une priorité d’intégrer les termes de cette loi fondatrice qui va permettre un rapprochement entre les entreprises du secteur et le tissu des hommes d’affaires congolais. Je crois qu’il est essentiel que ces deux mondes se rencontrent et collaborent étroitement comme cela se fait naturellement dans d’autres pays. Il est par ailleurs important de contrer le paralogisme récurent qui tend à considérer toutes les entreprises étrangères comme pilleuses de richesses.
Il me semble nécessaire de classer ce reliquat d’une histoire douloureuse et de considérer que l’avenir et le développement du pays n’est possible que dans la collaboration entre les entreprises et les entrepreneurs congolais dans un esprit alliant professionnalisme et réciprocité. À terme, l’engagement des acteurs économiques congolais devrait permettre plus de transparence et de compréhension dans le secteur minier et insuffler une plus grande dynamique opérationnelle.

M&B: On vous présente comme étant particulièrement proche du pouvoir, vous confirmez ?

PB: Je n’ai aucune proximité particulière avec le pouvoir, je reste à ma place et poursuis mon projet industriel avec certes plus de risques et de responsabilités aujourd’hui, mais sans porter une attention particulière à cette question. D’une manière générale, je considère indispensable d’entretenir de bonnes relations avec tous les donneurs d’ordres du secteur et à ce titre je rappelle que l’état en fait directement ou indirectement partie.

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