Madame Kisolokele Mvete Directrice Générale Adjointe du Guichet Unique de Création d’Entreprise
Madame KISOLOKELE MVETE est avocate, chargée d’études puis Conseillère juridique au Cabinet du ministre de la Justice. Elle est aujourd’hui Directrice Générale Adjointe du Guichet Unique de Création d’Entreprise et Chef de travaux à la Faculté de Droit de l’Université Protestante du Congo. Elle se livre dans un entretien accordé à Mining&Business.

Madame KISOLOKELE MVETE est avocate, chargée d’études puis Conseillère juridique au Cabinet du ministre de la Justice. Elle est aujourd’hui Directrice Générale Adjointe du Guichet Unique de Création d’Entreprise et Chef de travaux à la Faculté de Droit de l’Université Protestante du Congo. Elle se livre dans un entretien accordé à Mining&Business.

Mining and Business: Me. KISOLOKELE, qu’est-ce que le GUCE en RDC et quels sont ses objectifs à moyen terme ?
Mme Kisolokele Mvete: le Guichet Unique de Création d’Entreprise (GUCE) est ce service étatique mis en place par le Gouvernement de la République en 2013 dans sa dynamique pour l’amélioration du climat des affaires au pays, avec comme mission fondamentale de faciliter le processus de création d’entreprises en RDC. Grâce à ce centre unique regroupant en son sein tous les services étatiques intervenant dans le processus, toutes les formalités de création d’entreprise sont aisément accomplies en un seul lieu, dans un délai maximum de 3 jours ouvrables, avec un coût réduit de l’équivalent en Francs congolais de 40 usd pour une personne physique (établissement) et 120 usd pour une personne morale ou société. Tout se déroule désormais dans les conditions garanties de célérité et de transparence nécessaires à un climat d’investissement assaini.
Le GUCE a principalement comme objectif de simplifier davantage le processus de création d’entreprise. C’est ainsi que nous travaillons pour réduire le délai de création à 1 ou 2 jours au plus. Des stratégies sont mises en place pour y parvenir. C’est le cas notamment de la mise en réseau des systèmes informatiques des services intervenant dans le processus de création d’entreprise.
En même temps, nous travaillons pour étendre cette réforme sur toute l’étendue de la RDC et ainsi accroitre la présence du GUCE en provinces par un déploiement progressif des antennes à l’intérieur du pays. Une première antenne provinciale est déjà installée à Lubumbashi, et d’autres vont l’être très prochainement à Kisangani, à Matadi, à Bukavu, à Goma et ainsi de suite jusqu’à la couverture totale de l’ensemble du territoire national.
Par ailleurs, grâce à l’informatisation du Registre du Commerce et du Crédit Mobilier(RCCM), nous sommes en train de consolider la mise en place du Registre ou Fichier National afin de permettre la transmission des données des immatriculations au RCCM au niveau du fichier régional de l’Organisation pour l’Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA).
MBM: Qu’est-ce que cela change concrètement pour les entreprises ?
Mme KV: ce qui change pour les entreprises, c’est fondamentalement cette facilitation qu’elles ne pouvaient avoir auparavant. C’est bien ce nouveau cadre qui leur permet de formaliser leurs activités commerciales ou de régulariser les modifications y intervenues par le biais d’inscriptions complémentaires dans des conditions simples, favorables et rapides.
Au nombre d’initiatives de cette facilitation, je peux citer l’installation d’un guichet avancé d’une banque commerciale au sein du GUCE afin d’éviter aux opérateurs économiques des déplacements pour s’acquitter des frais administratifs ; la mise en place d’un site web offrant diverses informations et proposant des modèles des statuts et dernièrement, d’une application informatique dénommée e-guce, qui permet à tout opérateur économique qui a déposé sa demande de création d’entreprise de suivre en ligne l’évolution du traitement de son dossier à partir de son ordinateur, de sa tablette ou de son Smartphone. C’est en effet une véritable révolution en la matière.
Le GUCE constitue ainsi un maillon important dans la chaîne du climat des affaires, surtout qu’il intervient ab origine, càd dès le premier pas de l’entrepreneuriat. Il favorise incontestablement le développement des activités du secteur privé et par ricochet, la création des emplois.

MBM: Le GUCE a ouvert en 2017 son antenne à Lubumbashi. Quel message pour les opérateurs économiques de la Province du Haut-Katanga ? Et pour les femmes en particulier en ce « mois de la femme» ?
Mme KV: mon message est simple, c’est celui d’inviter tous les opérateurs économiques de Lubumbashi à expérimenter le GUCE. C’est alors qu’ils comprendront que réellement, la facilitation à la création d’entreprise est bel et bien dans leurs murs. Une nouvelle ère s’est ainsi installée. Il est bon que tout le monde en profite. Ceux qui évoluent dans l’informel n’ont plus aucune raison d’y demeurer, car la formalisation de leurs activités est désormais simple et facile.
Dans le même sens, je convie les femmes entrepreneures de Lubumbashi à continuer d’œuvrer pour le développement de notre pays en confirmant leur qualité d’actrices du développement. Cela passe nécessairement par la formalisation de leurs activités génératrices de revenus. Le GUCE se veut être leur allié dans cette approche, car prêt à les servir et à les accompagner dans l’élaboration des stratégies basées sur la promotion de l’entrepreneuriat féminin pour leur véritable et durable autonomisation.
Si à la faveur de la simplification de la procédure de formalisation des entreprises avec le GUCE, le taux de création d’entreprises par les femmes à Kinshasa est passé de 7 à 35 pour cent en 4 ans, rien n’empêcherait que les femmes du Haut-Katanga ne puissent en faire autant, sinon plus.

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