RICHARD ROBINSON Entre inquiétude et optimisme INTERVIEWS
Nous traversons un moment très important de la réflexion pour tous les acteurs dans le secteur minier. Il est clair que les résultats importants obtenus depuis 2002 n’ont pas affecté tous les acteurs de la même manière

Richard Robinson est Directeur Général de Alphamin Bisie Mining. La société filiale du groupe mauricien éponyme, basée à Goma, est spécialisée dans l’extraction de l’étain. Sur le point d’entrer en exploitation après plus de trois ans, et environ 35 millions USD d’investissements, ABM projette une production de 10000 tonnes annuelles. Son DG nous fait part de ses inquiétudes par rapport au nouveau Code

Richard Robinson

MINING & BUSINESS MAGAZINE: Votre avis sur le nouveau code?
Richard Robinson : Nous traversons un moment très important de la réflexion pour tous les acteurs dans le secteur minier. Il est clair que les résultats importants obtenus depuis 2002 n’ont pas affecté tous les acteurs de la même manière et il est crucial pour les mineurs de prendre du recul et de revoir un peu comment ils expliquent comment les impacts de l’exploitation minière affectent l’ensemble de la société. En même temps, il est nécessaire que les miniers soient plus clairs et plus ouverts afin de trouver les partenaires avec lesquels ils peuvent s’engager autour des grands défis actuels, et de chercher les ouvertures pour progresser. Au lieu de prendre ce moment difficile comme la fin de quelque chose, il est plus intéressant de voir quelles sont les ouvertures et les opportunités qui permettront d’approfondir l’engagement de toutes les parties et de mieux cerner l’impact positif d’un secteur minier dynamique, qui progresse, et de capitaliser ses points forts.
MB : Donc vous ne faites pas partie du « G7» qui est vent debout contre le Code ? Vous êtes plus positif ?
RR : Nous restons solidaires et sommes alignés sur la position des sept majors tout en étant ancrés dans notre propre perspective. Notre logique vise à faciliter une compréhension beaucoup plus profonde de ce qu’il est possible de faire sur le long terme. Il faut savoir que nous avons les mêmes problèmes que les sociétés nationales, à savoir, attirer les financements ! Et ce nouveau Code crée trop d’inquiétudes sur ce point. Je parle non seulement des nouveaux investisseurs, mais aussi des actionnaires envers lesquels nous avions pris des engagements fermes, en respect notamment de cet investissement courageux qu’ils ont su faire dans le Nord-Kivu. Ces derniers nous interpellent sans relâche sur ce chapitre et nous passons notre temps à essayer de les rassurer en leur expliquant que l’Afrique en général, et le Congo en particulier, sont des terres de conciliation, et qu’il est donc toujours possible de trouver des solutions ! Bref, c’est un moment difficile…
MB : Ce n’est donc pas tant les nouvelles taxes qui vous inquiètent, vu que vous n’êtes pas encore en exploitation, mais la crainte de ne pas trouver ou de voir fuir les investisseurs ?
RR : Non, ces deux points nous inquiètent, car nous sommes déjà menacés par ces nouvelles taxes, dont nous contestons par ailleurs la légitimité, car elles posent de sérieux problèmes. C’est un mix ! (Rire) Ce qui est important, c’est que tout le monde est affecté par ce texte : miniers et travailleurs ! C’est pourquoi il faut analyser les choses en profondeur en tâchant, aussi, d’apprécier ce qui a pu être réalisé depuis 2002 tout en l’améliorant.
MB : Merci Mr Robinson.

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