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L’OCDE redoute une nouvelle crise financière

L’organisation prévoit en zone euro une croissance de 1,4 % en 2015 et 2 % en 2016, soit davantage que dans ses précédentes estimations. Redoutant une baisse des taux d’intérêt dont “l’ampleur allume un signal d’alarme”, l’OCDE s’inquiète de l’aveuglement des marchés, éblouis par les liquidités énormes qui affluent vers eux.

L’OCDE se montre nettement plus optimiste pour la zone euro dans ses prévisions de croissance publiées en 2015, mais s’inquiète fort de la très faible inflation dans la région, et de la surchauffe financière partout dans le monde. Elle prévoit en zone euro une croissance de 1,4 % en 2015 et 2 % en 2016, soit à chaque fois 0,3 point de mieux que dans ses précédentes estimations, remontant au mois de novembre 2014. L’Organisation de coopération et de développement économiques, qui voit “une chance pour la zone euro d’échapper à la stagnation”, en attribue le mérite en grande partie à l’action “audacieuse” de la Banque centrale européenne (BCE). “La baisse des prix du pétrole et les effets de la politique d’assouplissement quantitatif de la BCE expliquent l’essentiel de la révision en hausse des prévisions”, écrivent les économistes de l’OCDE dans leur rapport intermédiaire sur l’économie mondiale.

L’OCDE a changé de ton depuis ses dernières prévisions. Elle considérait à l’époque la morosité en zone euro comme l’une des principales menaces pour l’économie mondiale. Si elle salue les initiatives de la BCE en matière monétaire, l’organisation basée à Paris, qui regroupe 34 pays développés, est moins convaincue par les gouvernants et juge que la politique budgétaire en zone euro pourrait être “plus encourageante pour la demande”.

Rôle de la Fed

L’OCDE relève également ses prévisions pour l’Inde, où elle attend une croissance de 7,7 % en 2015, puis 8 % en 2016, soit plus qu’en Chine ; et pour le Japon, 1 % en 2015 puis 1,4 % en 2016. Elle les maintient pour les États-Unis (3,1 % de croissance cette année, puis 3 % l’an prochain) et juge que, “face aux prix plus bas du pétrole et à l’appréciation du dollar, il serait raisonnable que la Réserve fédérale attende plus longtemps avant de relever ses taux, de manière à soutenir encore la demande privée”. La Fed doit dans quelques heures donner des indications très attendues sur ses intentions dans les mois qui viennent.

L’OCDE ne modifie pas de manière significative ses prévisions pour la Chine, avec une croissance attendue à 7 % cette année puis 6,9 % en 2016. L’OCDE souligne aussi que la baisse du prix du pétrole ne fait pas que des heureux. Elle baisse nettement ses prévisions pour deux exportateurs : le Brésil, où elle prévoit une récession cette année (- 0,5 %) et 1,2 % de croissance en 2016, ainsi que le Canada, où l’économie doit croître de 2,2 % cette année (- 0,4 point par rapport à la prévision de novembre) et 2,1 % en 2016 (- 0,3 point). Dans l’ensemble, l’OCDE prévient que l’économie mondiale est sur la voie d’une accélération seulement “modeste” et que des “nuages de tempête” pourraient surgir.

Le contexte économique

“L’environnement économique actuel est très inhabituel, avec des taux d’inflation négatifs dans de nombreux pays et des taux d’intérêt nominaux à des plus bas historiques à travers le monde. Jusqu’à un certain point, ces deux phénomènes sont les “bienvenus”, mais dans le même temps, “ils sont la source de préoccupations grandissantes” pour l’OCDE. L’organisation estime que les dangers liés à la très faible inflation “grandissent”. Si les prix ne se reprennent pas, en particulier en Europe, l’économie risque d’être paralysée par la “déflation”, c’est-à-dire une phase prolongée de baisse des prix et salaires.

Par ailleurs, en ce qui concerne les taux d’intérêt, “l’ampleur de la baisse allume un signal d’alarme”, selon l’OCDE, qui craint un aveuglement des marchés, éblouis par les liquidités énormes qui affluent vers eux. “Une mauvaise estimation du risque a été au cœur de la précédente crise financière (de 2008) et il semble bien que ce phénomène ressurgisse aujourd’hui”, s’inquiète l’OCDE. Le FMI s’inquiète également régulièrement des prises de risque peut-être inconsidérées de nombreux investisseurs sur les marchés et de la “valorisation très forte de certains actifs”, ce qui pourrait provoquer de sévères corrections. Mais sa patronne Christine Lagarde se refuse jusqu’ici à parler de “bulle”.

Des scénarii des économistes qui font redouter des changements majeurs

La grande accélération a commencé. Les économistes prévoient de grands changements. Les événements en question sont à observer en détails, puisqu’ils ont tous d’importantes implications et conséquences.

Ceux qui s’attendaient à voir les événements s’accélérer dès le mois de janvier n’auront pas été déçus. En temps normal, des événements importants se produisent à quelques semaines d’intervalle, voire quelques mois. Mais au cours de ces deux derniers mois, dix événements de taille se sont déjà produits. Leur succession s’est dramatiquement accélérée.

La Russie a sauté du train du recyclage du pétrodollar.

Ses échanges commerciaux pétroliers ne seront désormais plus établis en dollars. Ils seront désormais établis en roubles. Attendez-vous à voir des roubles transformés en renminbis dans le cadre des échanges bilatéraux de la Russie avec la Chine. L’action de la Russie s’intègre dans le cadre de la disparition du pétrodollar.

La Suisse a mis fin à l’arrimage de sa devise avec l’euro.

Pendant plus de trois ans, la Banque nationale suisse a maintenu ses réserves d’euros, qui s’élevaient quelque part autour de 800 milliards d’euros. La situation est finalement devenue insoutenable. La Suisse maintenait alors une position à la vente sur le dollar tout en ayant une position à découvert sur l’or, et a finalement décidé de renverser la donne. Les Suisses semblent avoir ouvert les portes de l’enfer pour le marché de l’or, et se sont peut-être retrouvés écrasés par un appel de marge à mesure que l’or physique prêté s’amenuisait.

Les Grecs se sont préparés à quitter l’Union européenne et à faire défaut de leur dette.

Le parti Syriza a gagné les élections, avec une majorité de gauche. Apparaîtront ensuite de sévères perturbations. Ils pourraient, par exemple, imprimer de la monnaie pour rembourser leur dette externe. On peut s’attendre à en voir des répercussions en Grèce et au travers de l’Europe. Dans le même temps que les Russes feront miroiter leur pipeline aux Grecs. Une manne financière pour la Grèce. Le pays quitterait l’Union européenne, une quasi certitude. Il exportera bientôt des produits alimentaires vers la Russie, et relèvera son économie.

La Banque centrale européenne a annoncé son dernier programme de QE en date.

Elle devrait se lancer dans une vague d’achats d’actifs et d’obligations, dans l’espoir de ne pas les voir devenir stériles et corrosifs en termes de gestes coopératifs avec les pays membres. L’opposition entre la BCE et la Bundesbank est célèbre. L’Allemagne pourrait alors envisager de quitter l’Union européenne, puis l’euro, et enfin l’OTAN. Des décisions qui  mèneront tout droit à une crise en Union européenne.

Avec la mort du roi Abdullah commence une période de transition pour la famille royale.

Le roi a été remplacé par l’ancien prince Salman, qui souffre de sénilité et de démence, et aura beaucoup de difficultés à régner sur le pays. La bataille pour sa succession vient de commencer. Des tribus rivales se disputent le pouvoir, après plusieurs décennies d’exclusion. Les événements au sein des frontières saoudiennes qui pourraient alors se multiplier auront de lourdes conséquences. Les pressions en faveur d’une réforme seront plus fortes que jamais.

L’Allemagne a fait une offre d’union commerciale à la Russie, qui mettrait de côté le pacte commercial transatlantique contrôlé par les États-Unis.

Lors du sommet économique de Davos, la chancelière allemande a offert une union commerciale à la Russie, et implicitement rejeté le Partenariat de commerce et d’investissement transatlantique avec les États-Unis. On relève que la Chancelière a proposé une union similaire  à la Russie et à la Chine connue sous le nom de Zone d’échange eurasiatique. L’Allemagne chercherait-elle à quitter l’Union européenne ?

Le policier financier allemand BaFin n’a pas pu apporté de preuves à la manipulation du marché de l’or.

Du point de vue de la Deutsche Bank, cette décision représente un pas en arrière pour le camp qui s’oppose à la corruption des marchés des obligations, des taux de change et de la comptabilité bancaire. Les conséquences en seront nombreuses, et forceront l’arrivée de marchés plus justes. La manipulation des marchés ne semble jamais prendre fin. En Allemagne, deux camps s’opposent. Les politiciens sont dominés par l’élite bancaire, bien que des voix se fassent entendre en provenance des ministères. Les capitaines industriels gèrent l’aspect commercial, et cherchent à éviter des dommages économiques profonds. L’alliance américaine ne fonctionne plus pour le bénéfice des Allemands. Le camp industriel va prévaloir, mais seulement après une longue bataille, qui présentera un certain nombre de valeurs inconnues.

Les Suisses ont installé un centre d’échange de renminbis à Zürich.

Une compétition intéressante est sur le point de faire son apparition, alors que Londres, Zürich et Francfort se confronteront pour le contrôle du flux financier de renminbis. Alors que Londres possède l’avantage de la tradition et que Zürich a l’avantage du prestige, les Allemands ont été sélectionnés par le Kremlin et par Pékin pour servir de berceau pour le lien de l’Europe avec l’Asie. Les liens industriels de la Russie et de la Chine s’étendront au travers de l’Allemagne, en parallèle à une croissance des échanges et des investissements.

Les détails relatifs à l’extension du pipeline de Gazprom au travers de la Turquie ont été révélés.

Il passera par la mer Noire, et les volumes ont été indiqués dans les plans. Gazprom a soudainement décidé d’exclure l’Ukraine de son projet de construction de pipeline, qui ne passera finalement pas par l’Europe de l’Est, ou les pots de vin du gouvernement américain, les menaces et les entreprises corrompues s’acharnent à bloquer ses projets. Le pipeline passera désormais au travers de la Turquie, et un centre sera installé sur la frontière grecque. Il a été baptisé Turk Stream. La construction du pipeline prendra environ 18 mois. D’ici là, les nations européennes devront trouver un moyen de se connecter à ces lignes pétrolières et d’éviter la catastrophe imminente de leur alliance destructrice avec les États-Unis.

L’économie américaine a enregistré une forte baisse en matière de commandes.

La liste de licenciements et d’annulation de projets aux États-Unis, au Canada, en Angleterre et en Europe était interminable en janvier. Une véritable procession de faillites d’entreprises et d’échecs de politiques monétaires et économiques. L’économie américaine est frappée par une récession qui dure depuis plusieurs années. Le QE aggrave la détérioration économique. Un certain nombre de corporations ont recours à des licenciements de masse, la plus récente ayant été IBM. Les grosses banques et les firmes liées au domaine de l’énergie dominent ce genre d’actualité.

En plus des événements cités plus haut, le secteur du pétrole et du gaz de schiste américain ferme ses portes, sans aucun événement vers lequel pointer le doigt. L’implosion de la dette de schiste est imminente.

Notons qu’aucun des événements cités plus haut ne concerne les BRICS. Leur mouvement renforcera la transition de paradigme et forcera le retour à un étalon or. Puisque les banquiers américains et britanniques contrôlent le secteur financier et les devises Forex, les obligations souveraines et les systèmes bancaires, l’Orient fera tout son possible pour raviver l’étalon or.

Source Le Point

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