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Lionel Zinsou, candidat à la Présidence du Bénin !

Lorsqu’il débarque à Cotonou, les douaniers le reconnaissent et s’étonnent qu’il n’ait pas de bagages. « Je n’en ai pas besoin, j’habite déjà ici », répond Lionel en souriant. Et déjà, le samedi 20 juin, il tient son premier conseil des ministres.
Lorsqu’il débarque à Cotonou, les douaniers le reconnaissent et s’étonnent qu’il n’ait pas de bagages. « Je n’en ai pas besoin, j’habite déjà ici », répond Lionel en souriant. Et déjà, le samedi 20 juin, il tient son premier conseil des ministres.

Franck Riboud, président de Danone, entreprise où Lionel Zinsou a dirigé des filiales avait senti chez son ami une envie de retour au Bénin ; « Mais premier ministre, ça, non, je ne l’avais pas imaginé ! », Et Laurent Fabius, dont Lionel Zinsou a été la plume à Matignon de 1984 à 1986, s’avoue surpris : « Il a toujours eu le sens de l’intérêt général, mais je le voyais rester dans les affaires. »

Destin de l’oncle paternel ? Emile D. ZINSOU président du Dahomey pendant un peu plus d’une année fut renversé en décembre 1969. Trois ans plus tard, le major Mathieu KEREKOU prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’Etat. Il va débaptiser Dahomey « Bénin » et imposer un régime répressif, persécutant l’oncle Zinsou, devenu son principal opposant.

Durant ces années difficiles, Lionel, né à Paris, fréquente les lycées Buffon puis Louis-le-Grand. Son père est à Dakar, médecin attitré du président poète sénégalais Léopold S. Senghor. Sa mère, franco-suisse, est infirmière des Hôpitaux de Paris.

Empêché jusqu’en 1990 de retourner au pays pour raisons politiques, Lionel se décrit à l’époque comme un « Béninois virtuel », ce qui ne l’empêche pas d’être un Français couvert d’éloges. Laurent Fabius : « D’une grande rectitude, pense juste et écrit très bien. » Franck Riboud : « Chaque fois que je partais en voyage avec lui, je revenais plus intelligent. »

Et de son « afro-optimisme », difficile de lui trouver des ennemis. Au Bénin, ses alliés ont estimé que Lionel Zinsou qui « ne connaît pas le Bénin » a été nommé « pour parachever la vente du pays à l’impérialisme français ». Un chroniqueur le traite de « proconsul », (non Béninois), mais Lionel vit bien sa double identité : « Hier soir, je me baladais dans Cotonou avec mon chapeau yoruba, rien ne me sépare d’un Yoruba de Lagos. J’ai étudié en France et en Grande-Bretagne, dirigé des entreprises françaises et britanniques, mon gendre est anglais, mes petits-enfants franco-anglais et nigériano-béninois, il faut oublier ces fausses divisions. »

À Cotonou, on est convaincu qu’il a accepté le poste de premier ministre pour se présenter en 2016 à la présidentielle. Réponse habile de l’intéressé dans un entretien au Monde Afrique : « Si l’on montre en dix mois que l’on peut faire progresser l’accès à l’électricité, à l’eau, aux soins, à l’éducation (…), alors les gens demanderont que l’expérience continue et s’amplifie. Je vois nombre de bons présidentiables qui pourront poursuivre. Je n’ai pas d’amour-propre de candidat, je n’ai pas d’ego de président. »

Les interlocuteurs parisiens, avant de raccrocher, ont presque tous eu cette phrase : « On lui souhaite bonne chance. »

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