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Le contrat de réhabilitation des chemins de fer Congolais, un fake ?

D’après Thierry Vircoulon, chercheur à l’IFRI et spécialiste de l’Afrique centrale, le contrat de 500 millions signé lors de la visite du chef de l’État à Sotchi entre la RDC et la RJD

D’après Thierry Vircoulon, chercheur à l’IFRI et spécialiste de l’Afrique centrale, le contrat de 500 millions signé lors de la visite du chef de l’État à Sotchi entre la RDC et la RJD (Société des chemins de fer russe) serait un contrat d’apparat permettant à Kinshasa de rassurer à l’intérieur et à Moscou de jouer « à peu de frais » la carte de l’influence.

Reader’s digest de l’article de l’AFP publié fin octobre. Lors du premier sommet Russie-Afrique, à Sotchi, les autorités russes ont affiché leur ambition de doubler, d’ici cinq ans, les échanges avec le continent. Parmi les contrats signés, celui engageant la société de chemin de fer russe RJD à investir dans le réseau ferroviaire de la RD Congo. Le contrat s’élève à “500 millions de dollars”, selon la présidence congolaise.

Le pays dispose d’un réseau de rails de 5 000 km datant de l’époque coloniale éclaté en quatre zones sans interconnexions. “Ce réseau ferroviaire est en ruine”, estime Thierry Vircoulon, “il faut tout refaire : les rails, les machines, les trains, l’alimentation électrique. La facture est monstrueuse, il faudra un grand nombre d’années pour réhabiliter ce réseau et rentabiliser l’investissement.” D’où le scepticisme du chercheur : “Cet accord a été signé parce que le partenaire congolais est demandeur, mais l’entreprise russe n’aura jamais le financement nécessaire.

Moscou a signé beaucoup d’accords qui n’ont aucun sens  financièrement parlant. Comme lorsqu’il s’est engagé à construire des centrales nucléaires au Soudan. Ça fait sourire quand même”, tranche le chercheur. Or, en RDC, non seulement le réseau ferroviaire est en piteux état, mais la société des chemins de fer est aussi critiquée pour sa mauvaise gestion, autant par la Ligue congolaise de lutte contre la corruption que par la Banque mondiale. Dans un rapport datant de juin 2019 et dont RFI a obtenu copie, la situation financière de la Société nationale des chemins de fer du Congo est jugée “malsaine”, voire “en faillite”.

“C’est un contrat d’apparat”

Quel intérêt aurait alors la Russie à promettre des investissements dans le rail congolais ? D’autres marchés – militaires, énergétiques sont-ils liés ? “L’expérience des Chinois, qui ont financé des infrastructures en échange de l’accès au minerai, a montré que ce type de ‘deal’ n’était pas rentable. L’enjeu pour la Russie est surtout diplomatique. C’est un de ces contrats d’apparat, qui permettent au président congolais de dire à son peuple qu’il œuvre pour son pays, et au Kremlin d’être visible sur la scène internationale à peu de frais : ça ne coûte pas trop cher de signer un contrat”, estime Thierry Vircoulon.

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