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Les entrepreneures africaines et l’accès au financement : briser le plafond de verre !

Considéré comme un facteur d’émancipation et d’autonomisation des femmes, l’entrepreneuriat féminin offre d’intéressantes opportunités de croissance économique. Rappelons que l’Afrique enregistre le taux le plus élevé de femmes entrepreneures (24 %) au monde devant l’Asie du Sud-Est Pacifique (11 %) et l’Europe (9 %). L’entrepreneuriat féminin contribue ainsi pour 7 à 9 % du PIB du continent. Il correspond donc à environ 150 à 200 milliards de dollars. Pour autant, seules 34 % des femmes africaines disposent d’un compte bancaire contre 47 % d’hommes, et parmi elles, seules 5 % obtiennent un crédit contre 8 % des hommes. Ces crédits se limitent essentiellement à des microcrédits. De plus, les sommes concernées se révèlent généralement inférieures à celles des hommes, ne dépassant pas 1000 dollars, dans la plupart des cas. Les femmes africaines bénéficient moins de capitaux d’investissement privé ou de capital-risque, leur modèle économique donnant peu de gages de solidité aux investisseurs. Cet entrepreneuriat de subsistance donne surtout lieu à de petites entreprises aux besoins plus modestes. En outre, à cause d’une éducation limitée et d’une faible culture financière, les femmes africaines se découragent régulièrement face aux législations et démarches administratives contraignantes. Ainsi, les femmes africaines jouissent de six fois moins de capital que les hommes, et réalisent des profits inférieurs à 40 %. Le fossé déjà bien présent entre les deux sexes ne s’en trouve que renforcé. 

Des actions d’inclusion financière en faveur des femmes entrepreneures

En réaction à l’étendue des disparités entre les deux groupes, de plus en plus d’actions d’inclusion financière tâchent de changer la situation. Ainsi, la Banque Africaine de Développement (BAD) a lancé le programme AFAWA (Affirmative Finance Action for Women in Africa) ambitionne de combler le déficit de financement estimé à 42 milliards de dollars et qui affecte les entrepreneures africaines. AFAWA se concentre sur trois volets : le financement, l’assistance technique et l’environnement des affaires. Pour le premier point, il s’appuie sur divers instruments financiers de la BAD, afin de proposer des solutions novatrices qui incitent à octroyer des prêts aux femmes. Pour le deuxième aspect, il offre des formations pour améliorer la productivité et la croissance des entreprises dirigées par des femmes. Enfin, pour le troisième objectif, AFAWA encourage les gouvernements à soutenir des réformes en faveur des femmes entrepreneures, et éliminer les obstacles structurels auxquels elles sont confrontées.

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