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Amélia Lakrafi

Députée LRM des Français établis hors de France

M&B a rencontré Amélia LAKRAFI, députée La République En Marche, des Français établis hors de France à quelques semaines du grand rendez-vous des élections présidentielles en France. Elle s’est confiée à MB au cours d’un long entretien.

Bonjour, Amélia LAKRAFI, pourriez-vous me raconter brièvement votre déjà long parcours ?

J’ai 44 ans, j’ai commencé des études d’expertise comptable, j’ai commencé ma carrière comme contrôleur de gestion et fini directrice financière à 29 ans. Je suis quelqu’un qui s’ennuie très vite dans la vie et j’ai besoin d’apprendre continuellement, je me suis lancé dans l’entrepreneuriat après plusieurs années de conseil en gestion de patrimoine. J’ai créé ma première société en 2010 dans le financement de l’innovation et dépôt de brevet, puis la deuxième en 2014 une startup de cybersécurité. Je suis une passionnée d’innovation et de cybersécurité. J’ai créé deux ONG en France et trois en Afrique. En France pour la lutte contre la fuite des cerveaux, afin que la recherche reste en Afrique et accompagnement des jeunes en France. En Afrique Maroc, au Sénégal et en Côte-d’Ivoire, sur les sujets santé, éducation et accompagnement des jeunes actifs.

Vous êtes députée des Français de l’étranger, expliquez-nous de quoi il s’agit ?

Il faut d’abord savoir qu’il s’agit d’une création récente, le premier en 2012 et mon mandat n’est que le deuxième depuis juin 2017. C’est le Président Sarkozy qui a changé la constitution. Avant il n’y avait que les sénateurs des Français de l’étranger. Depuis que je suis élue, il m’arrive de recevoir des demandes d’aide de français de ma circoncision, certains m’écrivent à moi et aux 12 sénateurs en copie en espérant que quelqu’un réponde. Mon équipe et moi répondons à 99,99% des mails, il y en a des dizaines, voir des centaines par jour, sur des sujets très différents, mais très importants pour nos concitoyens, tels que des demandes d’interventions auprès des caisses de retraite, de l’aefe pour les lycées français à l’étranger, pour les fermetures de comptes bancaires, les remboursements de la caisse des Français de l’étranger, CFE, etc.

La circonscription compte 49 pays, 150 000 Français enregistrés dans les consulats sur 300 000 estimés. Dans le monde entier, un peu plus d’un français sur deux ne s’enregistre pas aux registres consulaires. Il y a peu de votants, peu de personnes investies. À mon élection, je pense qu’il y a eu près de 19% de personnes qui ont voté aux législatives. C’est une élection qui reste peu connue et les Français de l’étranger ne se sentent pas trop concernés. Tout l’enjeu pour moi est de les mobiliser. Les mobiliser pour savoir combien ils sont précisément, connaître leurs situations, difficultés pour essayer d’y répondre le mieux possible, en les écoutant à chaque permanence parlementaire, j’ai souvent des idées qui peut aider d’autres personnes en répondant à un projet récurant.

Cf article: https://amelialakrafi.fr/inscription-sur-les-registres-consulaires-une-reelle-protection-en-cas-de-probleme/

Quel est votre rapport avec le Congo ?

Quand on est élu, on peut choisir d’être dans les groupes d’amitié parlementaire, comme les groupes d’études thématiques. L’idée est de créer les liens parlementaires avec les autres pays et de s’entraider. J’ai choisi d’être dans le bureau, je suis vice-présidente du groupe d’amitié France-RDC. Chaque fois que je croise quelqu’un, je dis que ce pays est béni de Dieu. Pour nous, c’est plus que stratégique, et l’intérêt de la France pour la RDC est visible et important.

Vous avez assisté au premier conseil local de développement en RDC, pourriez-vous nous en parler ?

Il y a une grande envie de France en RDC, ce qui est agréable à entendre. L’un des sujets les plus forts, je pense, est l’éducation. Dans ce pays tant de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail, il va falloir leur trouver du travail et pour cela il faut qu’ils y aient pu avoir une bonne éducation. De 78% d’enfants en primaire, on tombe à 32% au collège. Il y a aujourd’hui un président et un gouvernement et la volonté politique de faire. Certaines choses ont été faites, elles ne sont pas encore très visibles pour l’instant même si l’AFD accompagne de plus en plus.

On vous sait proche du président Macron, quel est son rapport avec l’Afrique, le Congo et avec le président Tshisekedi ?

Je sais que les deux présidents se parlent souvent, ils s’entendent bien. Le président Macron met tout son poids pour changer le narratif, mais on ne peut pas être comptable des choses qui ont été faites dans le passé, bonnes ou mauvaises, il veut définitivement tourner la page des années négatives, comme la «France Afrique». Il est passé aussi des paroles aux actes. Sur la question du franc CFA, qu’on soit d’accord ou pas, jusque-là aucun de ses prédécesseurs n’avait bougé. La question de la restitution des œuvres d’art, c’est pareil. Les pays le demandaient depuis longtemps. C’est symbolique et très fort, le président de la République veut montrer qu’aujourd’hui, la relation a changé. Il veut une relation d’égal à égal. On a besoin mutuellement des uns et des autres.

Je pense que les gens commencent à ressentir réellement un changement. Cette volonté d’entraide, d’appréciation mutuelle entre les deux continents. Pour la RDC, il y a un point d’attention particulier avec Bruno Aubert arrivé il y a quelques mois, c’est l’un de nos meilleurs ambassadeurs, une bonne nouvelle pour la RDC. Le président de la République avait prévu de faire un déplacement début 2020, malheureusement la covid-19 l’a empêché, ce qui montre qu’il a un intérêt particulier supplémentaire pour ce beau et grand pays francophone.

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