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GoCongo et le pari fou dans l’agro alimentaire en RDC

En mars, le holding GoCongo finalisait le rachat de la Pastorale du Haut-Lomami avec son cheptel de 24 000 bovins. Le potentiel et les enjeux s’annoncent immenses pour l’entreprise.

En mars, le holding GoCongo finalisait le rachat de la Pastorale du Haut-Lomami avec son cheptel de 24 000 bovins. Le potentiel et les enjeux s’annoncent immenses pour l’entreprise.

Stimuler la chaîne de valeur de la viande bovine en RDC est l’une des ambitions de l’entreprise agroalimentaire, selon George Forrest, président du conseil d’administration de la firme. Pour Jeune Afrique, Aaron Akinocho, spécialiste des questions agricoles et agro-industrielles africaines, a analysé le potentiel et le défi du projet de GoCongo.

Le premier défi pour la firme sera la vastitude d’un pays avec un potentiel agricole non exploité et où le marché de l’importation alimentaire est estimé à plus ou moins deux milliards de dollars. « Entre les deux, un homme, George Forrest, et son idée fixe : mener la République démocratique du Congo sur le chemin de l’autosuffisance alimentaire » estime JA.

L’analyste rappelle notamment les chiffres criants sur le capital humain et le besoin face à des crises que le pays subit régulièrement. L’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), estime que la RDC a le potentiel pour nourrir 2 milliards de personnes, soit 1/4 de l’humanité. « Mais le géant ne cultive que 1 % de ses terres. Cette situation met le pays à la merci de la première crise venue : du coronavirus au conflit russo-ukrainien, chaque soubresaut mondial a affecté négativement l’approvisionnement alimentaire du pays. Alors que sa population s’accroît à un rythme de 3 % par an, et que Kinshasa est déjà l’une des métropoles les plus peuplées du continent, l’insécurité alimentaire constitue le terreau de crises futures. »

Selon les informations livrées par le holding belge après le rachat de la PHL, le groupe compte 56 000 têtes « en plus d’autres actifs agro-industriels (biscuiterie, unités de transformation et de commercialisation de viande), ainsi que 3 000 hectares de cultures. » George Forrest, associé à l’entrepreneur Aziz Khabirpour, voit dans ce projet une opportunité pour que « l’agriculture puisse bientôt dépasser l’exploitation minière en tant qu’industrie dominante en RDC ».

Pour JA, les autorités congolaises suivent de près l’évolution du projet de GoCongo car « en cas de succès, GoCongo peut faire des émules et inciter la redirection des capitaux vers le secteur agricole congolais. Outre sa capacité à réduire les risques de crises sociales futures, cette diversification serait la bienvenue pour une économie congolaise très dépendante du secteur minier. » Tous les espoirs sont permis.

M&B

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