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Ursula Ndombele, co-fondatrice et Directrice générale de HOJA

Les femmes sont les premières entrepreneuses de ce pays ! C’est d’ailleurs ce qui m’a marqué lors de mon premier voyage : la force entrepreneuriale de la maman congolaise.

Ursula Ndombele est Directrice générale de HOJA, une start-up dont elle est co-fondatrice.

M&B l’a rencontrée.

Parlez-nous de votre parcours professionnel 

Je suis  franco-congolaise et passionnée par la République démocratique du Congo, que j’ai découvert la première fois en 2010 à l’occasion d’un stage chez Vodacom Congo. Une fois mon diplôme en poche, je suis retournée en RDC pour une expatriation en vie au sein du groupe CANAL+. C’est durant cette expérience que mon envie d’agir se confirme et que HOJA germe dans ma tête et dans celle de mon associée Magalie Bueyasadila, elle aussi de retour au pays. De retour en France, je continue de parcourir l’Afrique pour CANAL+ et de développer HOJA avec mes 3 associés en parallèle. [ihc-hide-content ihc_mb_type=”block” ihc_mb_who=”unreg,3″ ihc_mb_template=”2″ ]Le but était de proposer une solution de mobilité sécurisée à toutes les mégalopoles africaines en commençant par Kinshasa. Il n’était plus possible d’entendre un proche de plus raconter son enlèvement ou son agression à bord d’un taxi. Depuis lors, l’équipe HOJA a convaincu le chef de l’État congolais ainsi que le gouverneur de la ville de Kinshasa qu’apporter une solution de mobilité sûre, fiable et équitable à tous les Kinois était une priorité. La mobilité étant l’un des premiers piliers du développement d’une ville, nous avons notamment lancé des produits en partenariat avec des acteurs internationaux comme HEETCH, une solution de commande de taxis via un téléphone intelligent. 

Quand avez-vous lancé votre startup et quelles sont vos principales réalisations ? 

Nous avons lancé HOJA en 2019, mais nos activités “impactantes” ont débuté à la fin de 2020. Aujourd’hui HOJA, partenaire de l’Hôtel de Ville de Kinshasa, a déjà créé plus de 25 emplois en RDC et continue son développement pour arriver à une sécurisation de plus de 60 000 taxis (plus de la moitié identifiée) tout en  multipliant les points de monétisations pour les acteurs directs et indirects du secteur des transports (chauffeurs, propriétaires, gouvernement, assureurs, banques et télécoms. Un de ces exemples, c’est notre partenariat avec EquityBCDC et Orange Money afin de favoriser la bancarisation des chauffeurs et leur inclusion financière.

« Les femmes sont les premières entrepreneuses de ce pays !» 

Qu’est-ce qui vous a donné la motivation de vous installer à Kinshasa, et qu’est-ce qui vous a le plus surpris jusqu’à présent au Congo ?

L’amour du pays. C’est ça la première motivation. Apporter sa pierre à l’édifice en contribuant à l’amélioration des conditions de vie des Congolais. La deuxième motivation qui permet de rester concentrée, c’est de voir l’impact positif que notre activité a sur nos employés et leurs familles. Concernant les choses les plus surprenantes que j’ai pu voir au Congo, il y en a tellement, mais cela fait clairement partie du processus “d’innovatrice”. En effet, les difficultés de l’environnement font que tout le monde est beaucoup plus agile d’esprit et ça c’est une véritable force à exploiter.

Il y a très peu de femmes dans l’entrepreneuriat formel au Congo, quelle en est la cause selon vous et que peut-on faire pour augmenter leur représentation ?

Alors, je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette affirmation. Les femmes sont les premières entrepreneuses de ce pays ! C’est d’ailleurs ce qui m’a marqué lors de mon premier voyage : la force entrepreneuriale de la maman congolaise. Toutes ces mamans qui vendent du pain, des mikates, des pagnes, des bilokos, des légumes, des chambres froides, vous ne les voyez pas ? Attention, l’entrepreneuriat ne se limite pas qu’à la Tech, au secteur minier, bref aux secteurs un peu “pêchus”. La femme congolaise est fondamentalement une entrepreneuse, c’est indéniable. Mais elle a besoin de plus de ressources, d’un plus grand accès à la formation et aux financements pour aller plus loin et être reconnue par tous comme actrice principale de l’économie locale. 

Quel est, selon vous, le défi le plus difficile auquel les startups font face à Kinshasa ?

L’environnement parfois très hostile, la connexion Internet par exemple, le système bancaire et l’accès aux financements. Mais je pense qu’il y a une forte corrélation entre ces raisons. Maintenant, je sais que des initiatives sont en cours, comme la Startup Act par exemple. Mais la mise en place de ces différentes initiatives peut prendre du temps.

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Lia LOUMINGOU Directrice juridique et fiscale de PWC

Editorial de Mining and Business N° 47