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Zambie : les groupes miniers chinois autorisés à payer leurs impôts en yuan, une première en Afrique

La Zambie a autorisé les sociétés minières chinoises opérant sur son territoire à s’acquitter de leurs impôts en yuan, une première en Afrique.

La Banque de Zambie a confirmé que les paiements fiscaux en renminbi ont débuté en octobre 2025, marquant un changement significatif pour le deuxième producteur africain de cuivre. « Une large part des exportations de cuivre est destinée à la Chine, et les sociétés minières chinoises reçoivent déjà une partie, voire la totalité, de leurs paiements en renminbi », a expliqué la banque centrale.

« Diversification et renforcement des réserves »

Selon l’institution, cette décision s’inscrit dans sa stratégie de gestion des réserves. « La diversification et le renforcement des réserves constituent un objectif clé de la Banque de Zambie, et l’acquisition de renminbi permet de concrétiser cet objectif », a-t-elle indiqué, ajoutant que la détention de yuan permettra aussi au pays de « rembourser sa dette envers la Chine de manière plus rentable ».

Lourdement endettée, la Zambie est depuis deux décennies un partenaire central de la Chine en Afrique, à la fois comme grand producteur de cuivre, principal débouché des exportations minières chinoises et important bénéficiaire de financements de Pékin. En autorisant le paiement des taxes en monnaie chinoise, Lusaka devient un terrain d’expérimentation pour l’extension de l’influence financière chinoise sur le continent, estime RFI.

Dynamique plus large en Afrique

Pour accompagner cette évolution, M&B Magazine a appris que la Banque de Zambie a commencé à publier un taux de change officiel yuan-kwacha, permettant aux entreprises minières de choisir entre le dollar et le yuan pour s’acquitter de leurs obligations fiscales.

Le dispositif prolonge des règles mises en place dès 2018, puis élargies en 2020, obligeant les compagnies minières à céder leurs devises à la banque centrale afin de soutenir des réserves affaiblies par la crise de la dette.

Le mouvement zambien s’inscrit dans une dynamique plus large en Afrique. Le Kenya a déjà converti une partie de sa dette envers la Chine en yuan, une opération censée lui faire économiser environ 250 millions de dollars par an après la restructuration d’un prêt ferroviaire de 5 milliards de dollars. L’Éthiopie a, de son côté, engagé des discussions en vue d’une démarche similaire. M&B avec Bloomberg, RFI et Business Insider Africa

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