Le sac de “breakfast” de 25 kg est passé de 35 000 à 60 000 francs congolais en l’espace de sept jours sur les marchés lushois. Une flambée brutale qui frappe de plein fouet le pouvoir d’achat des ménages de la capitale du Haut-Katanga, entièrement dépendante des importations zambiennes pour son aliment de base.
Les marchés de Lubumbashi ont enregistré, dans la semaine du 18 mars 2026, une hausse sans précédent récent du prix de la farine de maïs. Le sac de 25 kg, communément appelé “breakfast”, s’est envolé de 35 000 francs congolais à 60 000 FC — soit une progression de 71% en sept jours. Sur certains points de vente du marché Congo, dans la commune de Ruashi, le sac se négocie entre 50 000 et 55 000 FC, la pointe à 60 000 FC étant constatée dans les dépôts et alimentations de la ville.
La mesurette unitaire, dite “meka”, n’est pas épargnée : autrefois vendue entre 3 000 et 3 500 FC, elle se négocie désormais entre 4 500 et 5 000 FC selon la qualité. L’impact sur les ménages est immédiat. «Nous devons réduire la quantité que nous achetons chaque semaine, sinon nous ne pourrons plus nourrir la famille correctement», confie madame Fifi Mwadi, rencontrée le 18 mars au marché Congo.
Des causes zambiennes et douanières
La flambée trouve ses racines en amont de la frontière. Selon plusieurs sources du marché, le prix de la farine a haussé en Zambie, principal fournisseur de Lubumbashi, passant de 13 à 17 dollars américains le sac. À ce renchérissement à la source s’ajoutent, selon les opérateurs, la progression des frais de douane et des charges informelles sur la route de Kasumbalesa à Lubumbashi.
La dépendance structurelle du Haut-Katanga vis-à-vis de la Zambie pour son approvisionnement en maïs est documentée depuis des années. La production locale n’étant pas suffisante, le gros de la farine consommée à Lubumbashi vient de la Zambie, une réalité qui expose la deuxième ville économique du pays à chaque aléa agricole ou frontalier de son voisin du sud.
Le programme “Papa Bonheur” mis à l’épreuve
En octobre 2025, une initiative présidentielle avait semblé ouvrir une fenêtre de stabilisation. L’ambassadrice itinérante du chef de l’État, Isabelle Kibassa Maliba, avait lancé à Lubumbashi la vente de la farine “Papa Bonheur” à prix préférentiel de 28 000 FC, dans le cadre d’un programme d’importation d’un million de tonnes de maïs pour le Grand Katanga. La flambée actuelle, qui ramène les prix à des niveaux inconnus depuis la crise de 2023, interroge la pérennité de ce dispositif.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités provinciales du Haut-Katanga n’a été rendue publique concernant l’épisode en cours. M&B suivra l’évolution de la situation.
M&B

