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Cobalt : Kinshasa assouplit les règles pour débloquer les exportations du cobalt

Le gouvernement a adopté de nouvelles directives sur l’échantillonnage du cobalt afin de fluidifier les exportations du métal stratégique, ralenties depuis l’instauration de quotas il y a cinq mois.

La RDC autorisera désormais les sociétés minières à exporter leurs cargaisons pendant la résolution des écarts constatés entre les résultats des analyses de laboratoire utilisés par l’État et ceux des entreprises.

« Fluidifier les opérations »

Ces mesures visent à « garantir la fluidité des opérations d’exportation, la sécurité juridique des exportateurs ainsi que la protection des intérêts fiscaux de l’État », selon un arrêté signé le 13 mars par le ministre des Finances Doudou Fwamba et le ministre des Mines Louis Watum.

L’ARECOMS avait suspendu l’ensemble des expéditions de cobalt en février 2025 avant de remplacer cette interdiction par des quotas stricts à partir de mi-octobre. Plusieurs mois supplémentaires ont été nécessaires pour que les nouvelles règles d’exportation, notamment le prépaiement des redevances à l’État, deviennent opérationnelles.

Les exportations sont restées atones, les sociétés minières ayant peiné à écouler l’intégralité de leurs allocations trimestrielles hors du pays. L’ARECOMS a déjà accordé aux entreprises jusqu’à la fin du mois pour expédier les volumes qui leur avaient été alloués au titre des derniers mois de 2025.

L’arrêté signé par les ministres des Mines et celui des Finances porte spécifiquement sur l’analyse des échantillons servant à déterminer la teneur en métal des lots d’hydroxyde de cobalt produits dans les mines congolaises. Ces résultats permettent de vérifier le respect des quotas par les entreprises et de calculer les redevances dues à l’État. Dans certains cas, des écarts mineurs apparaissent entre les mesures des laboratoires mandatés par les régulateurs étatiques et ceux des sociétés.

Dans le document, il est demandé aux administrations publiques de ne pas interrompre les expéditions en cas d’écarts dans la plupart des situations. Les organes de l’État doivent « veiller à la bonne continuité des opérations d’exportation », précise le texte.

Levier pour contrôler le marché

L’ARECOMS n’autorise que 96 600 tonnes de cobalt à quitter le pays en 2026 et en 2027, soit moins de la moitié de la production nationale en 2024. CMOC Group, géant chinois et premier producteur mondial du métal utilisé dans les batteries de véhicules électriques ainsi que dans les secteurs aérospatiaux et de la défense, est la société la plus affectée par ces mesures.

Le gouvernement a mis en place ces contrôles pour soutenir les cours du cobalt, tombés à des niveaux historiquement bas dans un contexte de surabondance de l’offre. Depuis lors, le métal a bondi d’environ 160 %, tandis que l’hydroxyde de cobalt, principal produit exporté depuis le Congo, a plus que quadruplé, selon les données de Fastmarkets.

L’arrêté prévoit la création d’une commission qui se réunira chaque mois pour examiner les écarts de teneur en métal supérieurs à 2 %. Celle-ci statuera également de manière définitive sur les volumes officiels d’exportation du mois précédent.

Source : Bloomberg

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