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Progression incontrôlée de la masse salariale de l’État, selon un centre de recherche en finances publiques

Le gouvernement a versé 18,91 milliards de dollars à 7,41 millions d’agents publics sur la période 2021-2025, selon une analyse du Centre de Recherche en Finances Publiques et Développement Local (CREFDL), qui pointe une progression incontrôlée de la masse salariale de l’État.

Les crédits alloués aux dépenses de personnel sont passés de 2,75 milliards de dollars en 2021 à 4,581 milliards en 2025, soit une augmentation de 39,97 %, représentant un surcoût de 1,83 milliard de dollars, avec une progression annuelle moyenne de 9,12 %. Dans le même temps, les effectifs rémunérés par le Trésor public n’ont progressé que de 2 %, passant de 1.488.427 à 1.518.276 agents, soit 29.850 agents supplémentaires par an.

« Un risque budgétaire majeur »

Le Fonds monétaire international (FMI), dans sa deuxième revue du programme au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC), identifie cette dynamique comme « un risque budgétaire majeur ». Selon l’institution de Bretton Woods, la hausse des rémunérations, portée principalement par les secteurs de l’éducation, de la santé et de la justice, « a accentué les pressions sur les dépenses courantes au cours de la période 2024–2025, dépassant les niveaux initialement programmés », réduisant d’autant l’espace fiscal disponible pour l’investissement public et les dépenses sociales.

Cette dérive budgétaire se double de retards récurrents dans le paiement des salaires des fonctionnaires. Le vice-premier ministre et ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a reconnu publiquement ces dysfonctionnements. « Le décalage est dû à une tension sur la trésorerie. Il y a déjà quelques mois, le gouvernement mettait l’accent sur le poids grandissant de la masse salariale », a-t-il déclaré, cité par Actualité.cd. Il a invoqué également la pression des dépenses sécuritaires et humanitaires liées au contexte de guerre dans l’est du pays.

Le président Félix Tshisekedi a ordonné, lors de la 79e réunion du Conseil des ministres, un audit de l’état liquidatif de la paie, dans l’objectif de « garantir la soutenabilité des finances publiques et d’assurer la continuité des opérations financières de l’État ».

Le gouvernement dit envisager plusieurs mesures de mobilisation des recettes pour « rétablir progressivement un rythme normal de paiement des salaires », selon Mukoko Samba.

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