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Minerais stratégiques : comment Pékin et Washington se disputent le sous-sol congolais

Les autorités congolaises et la Chine ont signé un nouvel accord de coopération dans le secteur minier, a annoncé le gouvernement congolais, tandis que Washington intensifie sa propre offensive diplomatique pour sécuriser l’accès aux minerais stratégiques du pays. Une manœuvre d’équilibriste qui confirme la position de Kinshasa comme terrain de jeu privilégié de la rivalité sino-américaine pour les matières premières critiques.

Selon le communiqué gouvernemental publié, le 26 mars, et repris par Reuters, l’accord porte sur le partage de données géologiques, la protection des investissements et la promotion de la transformation locale des matières premières sur le sol congolais. Un mécanisme de suivi est prévu pour s’assurer que les projets « respectent la législation congolaise dans un environnement d’investissement stable et transparent ». Kinshasa a par ailleurs confirmé que le projet ferroviaire et minier MIFOR, dans le nord-est du pays, bénéficiera d’un soutien prioritaire de Pékin.

L’accord intervient dans un contexte de pression accrue. Les exportations congolaises vers la Chine doivent déjà bénéficier d’un accès en franchise de droits de douane à compter du 1er mai, dans le cadre d’une initiative couvrant 53 pays africains. Les entreprises chinoises – CMOC, premier producteur mondial de cobalt, Zijin et Huayou – dominent déjà le secteur minier congolais, et Pékin demeure le premier créancier bilatéral de la RDC.

Washington ne sera pas indifférent

Mais la Chine n’est pas seule en lice. L’administration Trump a signé en décembre dernier un partenariat stratégique avec Kinshasa, visant à stimuler les investissements occidentaux, réorienter les flux de minerais critiques et réduire l’emprise chinoise sur leur extraction et leur transformation. La RDC a depuis transmis à Washington une liste d’actifs prioritaires, tout en prévenant qu’elle se tournerait vers d’autres partenaires si l’accord américain ne débouchait pas sur des projets concrets.

Pour Joshua Walker, du Congo Research Group de l’Université de New York, le message de ce nouvel accord avec Pékin est sans ambiguïté : « Les États-Unis vont certainement prendre note. C’est clairement une riposte à Washington. » L’analyste souligne toutefois la différence de nature entre les deux accords : l’entente avec Washington est plus large et contraignante, mêlant soutien sécuritaire à l’est du pays – où Kinshasa combat depuis des années des groupes armés soutenus par Kigali – à l’accès aux ressources minières.

« La RDC tente clairement de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier », tranche Walker.

Premier producteur mondial de cobalt et détenteur de vastes réserves de cuivre, lithium, coltan et autres métaux de la transition énergétique, la RDC entend capitaliser sur la compétition géopolitique pour ses ressources, et cela, sans se lier exclusivement à aucune puissance.

M&B avec Reuters (Ange Adihe Kasongo)

On Tuesday night, the destiny of Congolese football shifted.

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