En abaissant son taux directeur et en annonçant la fin progressive des transactions en espèces en devises étrangères, la Banque centrale du Congo engage une réforme majeure visant à moderniser le système financier et renforcer la souveraineté monétaire.
Un assouplissement monétaire pour soutenir l’économie
La Banque centrale du Congo (BCC) a décidé d’abaisser son taux directeur de 1,5 point, le ramenant de 15 % à 13,5 %, à l’issue de la réunion de son Comité de politique monétaire tenue le 9 avril 2026. Cette mesure vise à stimuler l’activité économique en facilitant l’accès au crédit.
Dans le même élan, le taux des facilités de prêt marginal a été réduit de 19 % à 17,5 %, traduisant une volonté claire d’assouplir les conditions financières dans un contexte de stabilisation macroéconomique.
Des réserves obligatoires maintenues inchangées
Malgré cette orientation accommodante, la BCC a choisi de maintenir inchangés les coefficients de réserve obligatoire. Ceux-ci restent fixés à 10,5 % pour les dépôts à vue en monnaie nationale et à 0 % pour les dépôts à terme.
En devises, les taux demeurent à 11,5 % pour les dépôts à vue et 10,5 % pour ceux à terme. Ce statu quo traduit une approche prudente, visant à préserver la stabilité du système bancaire tout en accompagnant la relance.
Vers la fin du cash en devises étrangères
Au-delà des ajustements techniques, la décision la plus structurante concerne la réglementation des transactions en devises. La BCC annonce qu’à partir du 9 avril 2027, toute opération en monnaies étrangères devra être effectuée exclusivement par voie scripturale.
Autrement dit, les paiements en espèces en devises seront interdits, quelle que soit leur valeur. Cette mesure marque un tournant dans la politique de dédollarisation progressive de l’économie congolaise.
Un contrôle renforcé des flux en devises
Dans cette logique, la Banque centrale instaure également l’exclusivité de l’importation physique des billets étrangers au profit des seules banques commerciales, et ce à compter de la même échéance de 2027.
L’objectif est double : mieux contrôler la circulation des devises et limiter les circuits informels, souvent accusés de fragiliser la politique monétaire.
Une réforme aux implications majeures
Ces décisions traduisent une volonté affirmée des autorités monétaires de moderniser le système financier congolais, tout en renforçant la traçabilité des transactions.
Si cette réforme pourrait contribuer à une meilleure régulation économique, elle pose également des défis en matière d’inclusion financière, dans un pays où l’usage du cash reste largement dominant.
Pour les banques comme pour les opérateurs économiques, une phase d’adaptation s’ouvre, avec en ligne de mire une transformation profonde des pratiques financières en RDC.
Héritier Maila

