Makutano 4 : Pari réussi
Plus de quatre cents acteurs économiques, une dizaine de ministres, une belle brochette d’invités internationaux, une journée B2B à Brazza entre chefs d’entreprise des deux Congo et une journée de débats au Kempinsky plutôt réussies. En d’autres termes : joli coup pour cette quatrième édition du Sultani Makutano, les 15 et 17 septembre dernier.

SOLD OUT

Le site web Makutano affichait « Sold out » (à 750 USD le ticket d’entrée quand même) huit jours avant l’événement. Cela dit en substance, deux choses. D’une part, la capitalisation a bien été faite sur les années précédentes et le réseau d’affaires a su fédérer toute une génération de chefs d’entreprises. Engouement également lié à un menu 2018 plutôt sexy, composé d’un thème très tendance, le « Local Content », et du départ de 250 chefs d’entreprise RDCongolais à Brazza pour une journée B2B.

LA RENCONTRE B2B A BRAZZA, LE 15 SEPTEMBRE

Incroyable, mais c’était la première fois qu’une délégation de chefs d’entreprises de RDC se rendait à Brazzaville afin « d’identifier des opportunités d’affaires ». Les attendait sur l’autre rive une délégation d’environ 100 personnes, conduite par Paul Obambi, patron des patrons du Congo Brazzaville et véritable homme fort de l’entrepreneuriat local. En plénière, au Radisson Hôtel, « Comment booster les dynamiques économiques entre les deux pays » a posé le thème de la rencontre.

Si le « manque de volonté politique » a été identifié comme « obstacle majeur », il a été admis que « cette frilosité ne se vérifie pas dans le cadre informel » et qu’il « serait donc opportun de proposer des facilités administratives pour inverser la tendance ». De même, l’idée « d’associer nos forces dans certains secteurs afin de ne pas être concurrents à l’international » a été envisagée comme base de réflexion pour la suite. On notera aussi le plaidoyer fougueux de la ministre du Congo B. de l’Environnement pour « des actions conjointes afin de valoriser notre patrimoine naturel commun et d’en faire un pôle d’excellence économique durable ».

Un repas d’affaires et un « speed business dating » ont ensuite permis aux CEO des deux pays de faire connaissance avant un retour vers Kinshasa, dans la soirée.

En résumé, les attentes des privés sont là, et ce « frein plus psychologique que technique ou politique » tend à disparaître. Une déception de la part des patrons de Kin ; pas assez de contacts avec les entreprises brazzavilloises.

LE 17 SEPTEMBRE : RDC ET LOCAL CONTENT

Les experts en ont débattu avec passion au Kempinsky, à Kinshasa, pendant des heures et le fait est que l’implémentation d’une vraie politique de Local Content « visant à favoriser la transformation des matières brutes au plus près de leur production par les acteurs locaux » présuppose un agrégat de préalables.

Il ressort clairement des échanges, ouverts par un discours enflammé d’Albert Yuma sur « la nécessité d’un changement radical de paradigme face aux matières premières » et plaidant pour la « mise en œuvre d’une politique éducative en phase avec son époque », que la formation des jeunes, « condition sine qua non pour les resituer dans un projet d’avenir », en est le socle.

« L’urgente nécessité de diversifier l’économie et d’entrer dans des logiques de développement durable » s’est également imposée comme pilier du Local Content.

Parmi les VIP présents, le Président Mahama du Ghana a toutefois alerté sur le « danger d’un repli nationaliste » si l’on souhaite « voir un jour une Afrique économique unie », et sur la « nécessité d’appréhender la notion de Local Content dans sa dimension continentale ». Justin Chinyanta et Vincent le Guennou, tous deux CEO de Private Equity internationaux, ont pour leur part plaidé pour la « mise en place de fonds souverains sécurisés par les États, mais autonomes et gérés par le privé » afin de « garantir qu’une part des bénéfices tirés aujourd’hui des matières premières minérales aille aux générations futures » et de « protéger les économies des chocs exogènes ».

On évoquera en conclusion le succulent débat animé en fin de journée par Alain Foka, et diffusé sur RFI le dimanche suivant, lors duquel quelques leaders économiques et politiques ont dressé le portrait idéal de leur futur président de la République. À savourer en podcast.

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