Mining and Business Magazine propose les 15 mesures symboliques gratuites qui pourraient être prises dans les 3 mois par le nouveau gouvernement.
IMPORT – EXPORT : Interdire l’importation de certains produits alimentaires largement disponibles en RDC : tomates, bananes, sucre, miel, jus de mangue, d’ananas, café, poulet, etc.

1)    Vendre la SNEL à un ou deux consortiums privés pour permettre dans l’année qui suit à tous les abonnés d’avoir enfin un courant correct. Appel d’offres propre, haute autorité encadrant drastiquement les prix.

1.   C: Interdire l’importation de certains produits alimentaires largement disponibles en RDC : tomates, bananes, sucre, miel, jus de mangue, d’ananas, café, poulet, etc.

Cette mesure aurait pour effet immédiat de booster les filières concernées, y compris celle de l’agro alimentaire. Elle présuppose par contre un contrôle des prix pour éviter que les producteurs nationaux concernés profitent de cette interdiction pour s’entendre sur les prix et les augmenter. Ce qui aurait pour effet induit de créer une pression financière supplémentaire sur les classes les plus défavorisées.

2.    TRAIN DE VIE DE L’ÉTAT : Indexer les émoluments des parlementaires sur la réalité pays en les plafonnant symboliquement à 50 fois le SMIG.

Bon allez, chers Honorables… 50 fois le SMIG mensuel au lieu de 100 fois aujourd’hui, c’est tout de même pas mal ! Quand on sait en plus qu’en France par exemple, l’écart entre le salaire minimum et celui d’un député est inférieur à 8 fois.

Par ailleurs, cette proposition aurait l’avantage de renvoyer le Parlement à ses obligations fondamentales à savoir, servir les intérêts du peuple et le représenter. Les élus ne goûtant que très modérément une baisse drastique de leur salaire, il y a fort à parier que le SMIG augmenterait très rapidement !

3.    SANTÉ : Interdiction de délester les hôpitaux ou de leur couper l’eau

Il est inadmissible dans un pays comme le nôtre que les hôpitaux, morgues et autres centres de soins soient privés d’énergie électrique ou d’eau. On pensera notamment aux services d’urgence, à la néo-natalité, à la réa, etc., qui ne peuvent en aucun cas être coupés de l’électricité. Idem, concernant l’eau, pour l’hygiène des hôpitaux et le risque de propagation des maladies nosocomiales. La mission de service public des sociétés nationales d’adduction d’énergie doit être revisitée sur ce chapitre afin que ces situations ne puissent plus exister.

4.    ÉDUCATION : Frais universitaires payables au taux du jour à la BCC

Les étudiants le réclament à corps et à cris depuis des mois et il est vrai que cette situation qui impose un taux du dollar déconnecté de la réalité est pour le moins

absurde. Autre solution : que les universités acceptent le paiement des frais en Francs congolais !     

5.    LUTTE CONTRE LA CORRUPTION : Ouvrir une hotline téléphonique gratuite et anonyme permettant de dénoncer nommément les actes de corruption

Inviter à la délation n’est pas obligatoirement une proposition idéologique intéressante. Il n’en reste pas moins que devant la nécessité d’un véritable électrochoc pour couper le très gros appétit de certains cadres de l’administration publique, cela reste une option à étudier de près. Cette solution ayant au moins pour intérêt de les inquiéter et, très certainement, de freiner leurs ardeurs.     

6.    4e POUVOIR : Laisser la presse enquêter librement sur les scandales de corruption et de malversation.

Le Président l’a rappelé lors de son discours de passation du pouvoir, il protégera le 4e pouvoir. Les actes de corruption et la malversation pouvant être exposés au grand jour, il y a, là encore, fort à parier que les premières « têtes » tombées en feront sérieusement réfléchir certains.

Par ailleurs, cette garantie de l’État l’exposant également au scandale public, le peuple y verra le souci d’exemplarité.

Dans la série, devoirs mutuels, la presse devra pour sa part respecter le Code déontologique de la profession en cessant de colporter les rumeurs ou les informations hasardeuses. Ses articles devant être dûment sourcés, et des preuves devant pouvoir être apportées sous peine de poursuites judiciaires pour diffamation.  

7.    VOYAGES INTÉRIEURS : Supprimer les contrôles de passeports à l’arrivée sur les lignes aériennes intérieures

Que de tracasseries pour rien lors des voyages intérieurs en avion ! Et pour quoi faire ? On se le demande… vu que pour le même trajet par voie terrestre ou fluviale, vous n’auriez pas à montrer vos papiers !

Notons en prime que les fonctionnaires de la DGM ainsi libérés pourraient être réaffectés sur des missions de renforcement des frontières, des vraies cette fois !

 

8.    VIE QUOTIDIENNE : Interdire le tapage sonore des églises du réveil.

Prier et honorer son Dieu est une chose. L’imposer à tout le voisinage de jour comme de nuit en est une autre ! Dieu serait-il sourd qu’il faille de telles sonos pour lui dire qu’on l’aime ?

9.    DÉCENTRALISATION : Engager une politique forte et volontariste de décentralisation par rapport à Kinshasa conformément à la constitution.

La constitution de 2006 qui a vu le redécoupage des Provinces devait permettre une meilleure gestion des territoires grâce à une plus grande proximité avec le citoyen. De même, une garantie de redistribution de l’impôt par Kinshasa a été instaurée.  Or, il semble que les Provinces peinent à obtenir ces budgets de la part du pouvoir central. Prendre des engagements forts en la matière et verser les fonds en temps et en heure permettrait aux Provinces d’engager les chantiers qu’elles jugent utiles pour leur développement et, par ricochet, endiguer l’exode des jeunes vers Kinshasa.

 

10.     VEILLER A LA BONNE COMPOSITION DES DÉLÉGATIONS EN MISSION : s’assurer qu’une délégation congolaise officielle, sportive, culturelle, économique, etc., ne soit composée que de personnes qualifiées !

Délégations artistiques sans artistes, délégations sportives avec 4 ou 5 accompagnateurs par athlète, délégations officielles composées des tantes et des cousines du chef de délégation… la représentation internationale de la RDC à l’étranger semble parfois bien cocasse !

Remettre un peu d’ordre dans tout cela ne nuirait pas à un blason national sérieusement terni par ces vraies-fausses délégations à répétition et, peut-être avant tout, permettrait peut-être d’être de rapporter plus de médailles ou de contrats…   

11.     ÉDUCATION : Interdiction de chasser les enfants de l’école en cours d’année

Punir et humilier l’enfant parce que ses parents manquent d’argent tient de la pédagogie d’un autre âge, or nous sommes en 2019, non ?

Ceci dit, cette interdiction ne doit pas avoir pour effet pervers de déresponsabiliser certains parents. Dès lors, et en cas de non-paiement des frais, on pourra mettre en place un système qui protège l’enfant tout en contraignant les parents. Par exemple : refuser de donner l’attestation scolaire, les bulletins ou le diplôme en fin d’année voire, verrouiller la possibilité d’inscrire l’enfant dans un autre établissement l’année suivante, etc.

12.     CONSOMMATION : Rendre l’affichage des prix obligatoire dans tous les magasins et boutiques, et sur la totalité des articles

Les prix « à la tête du client » nuisent férocement au commerce. Cet effet d’entraînement entre les magasins et boutiques, lié à ce qui serait une tradition locale ou à une fuite du fisc, a eu notamment pour effet de faire fuir les expatriés (mais pas que…) des boutiques. On remarque en outre que les magasins qui affichent les prix marchent bien mieux que les autres. En tout cas : quel manque à gagner pour l’économie nationale ! La loi rendant obligatoire la publicité des prix des biens et services existe. C’est au niveau de l’application effective de celle-ci que l’État a failli.

 

13.    POLLUTION : Interdire réellement l’usage des sacs plastiques dans le commerce

La loi est votée et mise en application ! Alors, pourquoi rien ou presque ne change et que l’on continue à utiliser ces maudits sacs dans tous les marchés de la ville ? De nombreux pays d’Afrique centrale ont mis en place des solutions intéressantes, à commencer par plus de pédagogie auprès des vendeurs et des consommateurs, une lutte contre les trafiquants de sacs, et l’appui à de nouvelles filières d’emballage. Car, ne l’oublions pas : l’addition à payer, à terme, sera très lourde si rien n’est fait.

 

14.     ENVIRONNEMENT : Mettre un moratoire sur le projet d’exploitation du pétrole dans les parcs du Virunga et de la Salonga.

Reconsidérer les enjeux de l’exploitation du pétrole dans ces deux joyaux de l’Humanité au niveau du manque à gagner à terme, de l’image pays, du tourisme, etc., passe par un moratoire de quelque mois sur ce projet.

D’après les experts, entre 3 et 5 milliards de barils se trouveraient enfouis dans les deux parcs. Mais ne l’oublions pas, cela correspond en gros à la production annuelle des USA… On ne sera donc pas le Koweït avec ça ! De plus, le premier baril n’est pas prêt d’être extrait et encore moins transporté par oléoduc vers Matadi ou Dar Es Salam !

Et puisque tout est histoire d’argent : annoncer demain au monde que la protection de la Faune et de la Flore sont la priorité de la RDC et que, face à la nouvelle gouvernance au Brésil, elle reprend le leadership mondial en assumant avec fierté son rôle de poumon de la planète rapporterait probablement bien plus d’argent à court et long termes. En tout cas, faut faire le calcul !

 

15.     EUROPE : Donner un petit coup de fil à Bart Ouvry et le faire savoir !

Le froid diplomatique entre la première puissance économique du Monde et notre pays est-il vraiment utile ? Le peuple n’en semble visiblement pas convaincu. De plus, à l’heure où la RDC fait un vibrant appel aux investisseurs étrangers, ne faut-il pas éviter de se mettre à dos un tel partenaire stratégique ?

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