Prix du cuivre et du cobalt en hausse : bonnes nouvelles pour la Copperbelt
La situation s’améliore dans la Copperbelt depuis qu’un rebond indéniable et continu des prix des matières premières a incité grandes et petites entreprises à reprendre leurs plans d’expansion et à investir dans de nouveaux projets.

La situation s’améliore dans la Copperbelt depuis qu’un rebond indéniable et continu des prix des matières premières a incité grandes et petites entreprises à reprendre leurs plans d’expansion et à investir dans de nouveaux projets.

Copperbelt

Un exemple récent de l’intérêt renouvelé pour la région est la décision prise fin mars par le conglomérat indien Vedanta Resources d’investir 1 milliard de dollars dans sa mine zambienne Konkola Copper Mines (KCM). Cette initiative va non seulement créer environ 7.000 emplois, mais maintiendra en production une des plus grandes mines de la Zambie pendant encore 50 ans.
Il y a aussi pas mal d’activité dans le secteur du cobalt, un produit considéré comme le cœur et l’âme de l’industrie croissante des véhicules électriques. Les analystes estiment que c’est là où réside essentiellement l’avenir de l’Afrique. La République Démocratique du Congo, pour sa part, est destinée à devenir l’Arabie Saoudite du cobalt, comme elle détient autant de l’élément convoité que la nation du Moyen-Orient possède du pétrole. En effet, 70 % du total mondial des réserves de cobalt – estimées à environ 100 000 tonnes – se trouvent en RDC. Mais comme une grande partie de l’extraction du minerai est entre les mains d’exploitants artisanaux, appelés « creuseurs », les utilisateurs du produit se font de plus en plus de soucis sur l’opportunité d’acheter l’élément convoité de cette région. Certains parlent déjà de « cobalt de conflit ».

Sabrin Chowdhury, analyste des matières premières chez BMI Research, prévoit que la croissance de production de cobalt en RDC augmentera dans les prochaines années en raison d’un mélange de hausse des prix, d’une bonne réserve de projets et de faibles coûts d’exploitation. Cependant, des sociétés minières de top niveau, dont BHP Billiton et Rio Tinto, restent réticentes à investir en RDC, en raison d’inquiétudes sur la stabilité, la transparence et la gouvernance du pays. Jusqu’à présent, Glencore semble être le seul grand prêt à prendre le risque, mais essaie de se dégager des retombées d’enquêtes approfondies sur la corruption.
Probablement, de plus petits mineurs comme Ivanhoe sont les mieux placés pour s’aventurer en RDC et en Zambie, surtout quand il s’agit de profiter d’une montée subite de la demande pour les batteries et les voitures électriques. Le mineur canadien a récemment dévoilé ses plans pour l’exploitation du gisement de Kamoa-Kakula en RDC, considéré comme la plus grande découverte de cuivre de tous les temps, contenant des réserves de minerai à haute teneur. La société chinoise Zijin n’a pas été insensible à l’occasion et s’est impliquée dans le projet d’Ivanhoe en payant à celle-ci 412 millions de dollars pour la moitié de sa participation majoritaire dans Kamoa-Kakula, alors que le gouvernement du Congo a acquis une part de 5 % de la mine. Sur un autre site dans la province du Haut-Katanga, Ivanhoe est en train de réaménager la mine de zinc et de cuivre de Kipushi.
À la suite de ce regain d’activité, le Congo a retrouvé son statut de plus grand producteur de cuivre d’Afrique. En février, la Chambre des Mines du pays a prédit que la production totale de cuivre de la RDC s’élèverait à environ 1,5 million de tonnes en 2018, comparées à environ 1 million de tonnes cette année.

Le métal jaune brillant
Les richesses que la RDC détient vont bien au-delà du cuivre. La richesse minière potentielle du pays, estimée à des billions de dollars, comprend plus de 1 100 minéraux et métaux précieux, des réserves de cobalt les plus importantes de la planète, des gisements de cuivre importants et des gisements d’or significatifs. Moins en vue que leurs homologues axés sur le cuivre, les producteurs de lingots ont néanmoins extrait le métal précieux dans la Copperbelt pendant plus d’une décennie. Banro Corp. du Canada, est l’un de ceux qui ont de grands projets dans la région. Le minier de Toronto est actif dans la région orientale du Congo depuis 2012, quand il a construit Twangiza, la première mine d’or moderne du pays. L’an dernier, l’entreprise a produit près de 200 000 onces d’or dans ses deux mines, et elle prévoit jusqu’à 240 000 onces cette année. Mais les récentes flambées de violence sur deux de ses sites jettent une ombre sur ses opérations futures. En février, trois agents de la police des mines et un intrus ont été tués lorsqu’un groupe de voleurs armés a essayé de forcer la porte de la mine de Twangiza. Quelques semaines plus tard, cinq employés au site d’exploitation de Namoya ont été enlevés par des miliciens présumés. Pour l’instant, la firme semble prête à avancer vers son objectif à long terme de doubler sa production d’or en développant deux autres mines à proximité. Banro, en fait, explore également d’autres gisements dans une région grande de 210 kilomètres, où elle détient des concessions.
De meilleures conditions de transport aideront non seulement Banro, mais aussi d’autres miniers actifs dans la région. Une grande partie de l’infrastructure du Congo a été ruinée pendant les longues années de pouvoir anarchiques de Mobutu Sese Seko et les guerres impitoyables qui suivirent sa disparition. Mais un nouveau projet de 1,9 milliard de dollars financé par la Chine a permis la reconstruction de la majeure partie du chemin de fer long de 1 344 km entre le sud du Congo et le port de Lobito sur l’océan Atlantique, en Angola.
L’analyste Chowdhury de la BMI avertit que l’environnement réglementaire de la RDC continuera à freiner les investisseurs étrangers en raison de craintes sur les concessions, les permis, la fiscalité et les interventions gouvernementales dans le secteur. En outre, le report officiel des élections présidentielles jusqu’en avril 2018 maintiendra des niveaux de risque politique élevés au moins jusqu’à cette date.

Problèmes énergétiques
Certaines préoccupations relatives aux coûts d’exploitation assombrissent le ciel de la Copperbelt, notamment en Zambie, où des entreprises minières, parmi lesquelles Mopani Copper Mines — un partenariat de Glencore et First Quantum —, risquent de recevoir une facture d’électricité de plus de 276 millions de dollars s’ils perdent un différend avec le gouvernement sur l’augmentation des tarifs.

Le pays se remet à peine de sa pire pénurie de courant, commencée en 2015, quand le niveau de l’eau des barrages électriques a chuté, entrainant des délestages et des pannes qui ont duré jusqu’à 12 heures par jour. La situation de l’offre s’est améliorée puisque la saison des pluies généralement contribue à reconstituer les réservoirs utilisés pour générer près de 90 % de l’électricité du pays. Mais selon la Copperbelt Energy Corp., le plus grand fournisseur de la Zambie, la société sera obligée de payer 276 millions de dollars d’arriérés au producteur d’électricité Zesco Ltd., si la Haute Cour juge en faveur du régulateur d’énergie et augmente les tarifs. Si cela arrive, Copperbelt récupérera les coûts sur ses clients.
Ainsi, les analystes concluent que, bien que non exemptés de défis, l’avenir de la Copperbelt reste généralement positif, car une amélioration des prix du cuivre et du cobalt entraînera le redémarrage de nombreux projets et les dépôts de haute qualité, parmi les plus importants au monde, continueront à attirer les investissements, renforçant les perspectives de croissance du secteur.

Légende de la photo : Namoya de Banro a commencé la production commerciale en janvier l’année dernière. À pleine capacité, le site pourra produire 9 000 à 10 000 onces d’or par mois. Dans sa première année d’exploitation, la mine de Namoya a produit 93 253 onces d’or. (Photo de Banro Corporation)

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