AGRO BUSINESS ET BOTTES DE CUIR !
A l’heure où les politiciens lorgnent avec gourmandise les maroquins vacants de la République, un service de l’Etat, en l’occurrence l’OPEC, l’Office pour la promotion des Petites et Moyennes entreprises congolaises, part à la reconquête de la filière cuir. Focus sur un projet d’incubateur de PME particulièrement innovant de relance des filières agro-industrielles.

LA FILIERE CUIR

D’après les projections, elle rapportera quelques 203 millions de dollars américains annuels à terme et devrait permettre la création de plus de cent mille emplois, sous traitants inclus.

Presque oubliée dans notre pays, alors que tout ce qui est nécessaire à son développement est à portée de mains, de savoirfaire et de créativité, la filière cuir est aujourd’hui en pleine renaissance.

Grâce aux 40 millions de têtes de bétail abattues chaque année en RDC, ovins et bovons, la RDC pourrait répondre de manière satisfaisante tant à la demande locale qu’à celle de la sous-région en fournissant cuir, peaux et produits manufacturés à base de cuir. Sacs, chaussures, ceintures et autres fauteuils ou canapés estampillés « made in DRC » pourraient ainsi devenir dans quelques années synonymes de l’excellence de l’industrie et de l’artisanat congolais.

« La créativité de nos jeunes est là, la matière première abondante ! Il restait à donner une vraie impulsion pour redynamiser la filière. L’incubateur de PME des métiers du cuir créé par l’OPEC répond à ce besoin.» a déclaré, passionné, le DGA de l’OPEC, Ezéchiel Biduaya, à M&B.

Grâce à un financement COMESA, qui a notamment permis d’équiper les ateliers avec les équipements nécessaires et d’assurer une formation de formateurs, le projet initié en 2017 est désormais en phase opérationnelle.

De la formation en tannerie à la confection de chaussures de luxe, en passant par du coaching en marketing ou en gestion, l’incubateur de PME de Kinshasa permet à tout jeune désireux de s’engager dans les métiers du cuir de se lancer. Le prochain Louboutin sera peut-être un mwana mboka, sait-on jamais ?

LA FILIERE HUILES ESSENTIELLES

Fort des résultats plus qu’encourageants observés avec le cuir, l’OPEC souhaite désormais mettre le cap sur les huiles essentielles. On le sait, l’industrie cosmétique, et la biocosmétique en particulier, sont très friandes d’huiles essentielles tropicales.

Avec ses 2300 espèces rares pouvant fournir une huile vierge de tout intrant chimique, la RDC peut sans difficultés se positionner en champion mondial du secteur. Et le marché, en pleine expansion, pourrait lui permettre d’afficher un avantage comparatif pays sans égal.

L’incubateur créé par l’OPEC est en cours d’opérationnalisation et, parallèlement, les premières plantations permettant de lancer l’industrie, avec l’appui technique des experts sud-africains, sont en phase de réalisation dans le Kongo Central.

« N’oublions pas que notre climat favorise plusieurs récoltes à l’année, ce qui multiplie d’autant les possibilités de chiffre d’affaires ! » a précisé le DGA Biduaya qui prédit que, sous quelques années, la filière pèsera plusieurs milliards de dollars dans le PIB.

TROIS QUESTIONS À EZECHIEL BUDUAYA DGA de l’OPEC DGA, 

combien de jeunes ont d’ores et déjà été formés sur ces deux filières ?

EZECHIEL BUDUAYA : L’incubateur cuir a déjà formé un premier groupe de 25 jeunes, 25 autres sont en pleine formation et nous ambitionnons de former 100 jeunes d’ici la fin de l’année. L’incubateur des Huiles essentielles est dans la phase d’implantation et aura la particularité d’intégrer la dimension Haute intensité de la Main d’oeuvre.

Je crois savoir que ce projet intéresse particulièrement le nouveau Président, est-ce exact ?

EB : Le Président de la République dans son discours programme a relevé qu’il y avait nécessité d’encourager et relancer l’entrepreneuriat national et donc, ces projets rentrent dans la matérialisation de sa vision.

Quels sont, à ce jour, vos besoins ou contraintes pour aller encore plus loin ?

EB : Les contraintes sont de plusieurs ordres notamment d’ordre informationnel. Les deux filières sont encore méconnues alors qu’elles présentent un réel potentiel et la mobilisation des fonds pour leur implémentation complète.

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