Où vas INDABA ?
Parce qu’un futur monde décarboné sera plus grand consommateur de métaux que par le passé, trois grands thèmes domineront les Indaba des décennies à venir.

« Il est de plus en plus embarrassant de justifier le déplacement d’une communauté à cause d’une mine d’or ou la disparition d’une forêt primaire à cause d’une mine de bauxite. »

Résoudre l’équilibre entre forces pro-environnement et pro-industrie est le premier enjeu de la planète minière.

Depuis la nuit des temps, l’activité minière est un pacte entre l’environnement et l’industrie.

Nul ne conteste qu’en quelques années la mine durable a évolué. Les grands codes miniers ont intégré les droits de l’homme et de l’environnement dans les obligations environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises minières. Mais parfois avoir évolué du droit de découvrir des gisements à l’équité des populations et le respect de l’environnement n’est plus assez. Il est de plus en plus embarrassant de justifier le déplacement d’une communauté à cause d’une mine d’or ou la disparition d’une forêt primaire à cause d’une mine de bauxite.

Au football ou au rugby, un arbitre

indépendant est nécessaire pour faire respecter les règles. Celles-ci sont internationales et non pas différentes que l’on joue au football ou au rugby au Ghana, en Indonésie, en RDC, au Brésil, en Guinée, en France, en Afrique du Sud, en Australie ou en Suisse. Dans notre mine mondialisée, cet équilibre des forces entre l’équipe développement économique et l’équipe environnement doit lui aussi trouver son arbitre indépendant et ses règles internationales.

 

Le deuxième thème est lié au premier. Le nationalisme des ressources posait peu de difficulté tant que des populations locales exploitaient elles-mêmes des gisements de métaux, dans leur propre environnement et pour leurs propres consommations. Leurs besoins économiques étaient limités, les atteintes à l’environnement également. La vision est moins aisée à mettre au point lorsque les souhaits des résidents locaux se heurtent aux ambitions de consommateurs étrangers. C’est l’étape qui se profile en Afrique avec un nationalisme des ressources favorable non pas aux taxes et royalties, mais à l’autoconsommation africaine. Comment les populations du continent accepteront que les minerais soient transformés en Chine puis reviennent en Afrique sous la forme de produits finis en cuivre, aluminium, acier, etc.… Indaba doit contribuer à l’émergence et l’organisation métallurgique et industrielle d’une chaîne de valeur africaine consommatrice de ses propres métaux.

 

Le troisième thème de l’Indaba des décennies futures sera l’émergence d’un Airbus minier européen. Alors que le Brexit éloignera un peu plus les géants miniers anglo-australiens ou anglo-suisses de Bruxelles, celle-ci répondra à ses besoins par un Airbus minier en charge d’approvisionner son propre Airbus énergétique, notamment les batteries. Des liens existent entre l’Europe et le géant minier qu’est la Russie, mais l’Europe souhaitera également des coopérations avec les géants miniers africains.

 

Parce que la transition écologique nous fait basculer d’une dépendance aux hydrocarbures vers celle aux métaux, Indaba doit rester le lieu de rencontre pour aider la profession à évoluer et progresser vers un monde plus métallique.

Didier Julienne

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