Le prix du sac de maïs explose
Le prix du sac de farine de maïs a explosé dans le grand Katanga depuis le début de l’année. En quelques semaines, il est monté d’environ 20.000 CDF à plus de 40.000 en mars.

Le prix du sac de farine de maïs a explosé dans le grand Katanga depuis le début de l’année. En quelques semaines, il est monté d’environ 20.000 CDF à plus de 40.000 en mars.
Il est redescendu environ 27.000 CDF après une intervention des gouvernements provinciaux du Haut Katanga et du Lualaba, qui ont financé l’achat de plusieurs cargaisons de farine en provenance d’Afrique australe. Cependant, cette amélioration risque d’être de courte durée. Deux évènements semblent être à la base de cette évolution : la décision du gouvernement zambien d’interdire toute exportation de farine de maïs et une maladie ravageant les cultures. D’autre part, il convient de souligner les difficultés structurelles auxquelles se heurte la production de maïs en RDC et qui rendent le pays dépendant d’importations.

Décision Zambienne

Production annuelle de Mais en Zambie

Production annuelle de maïs en Zambie

La Zambie et la Tanzanie sont les seuls pays d’Afrique australe qui ont produit un excédent de maïs la dernière saison, qui a connu la pire sécheresse en 35 ans . USAID estime même que plus de 21 millions de personnes de la région ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Selon l’office zambien des statistiques, la production de maïs de la Zambie a augmenté l’année dernière de 9,7 % pour atteindre 2,87 millions de tonnes métriques. Le prix de la farine de maïs, qui est cuite avec de l’eau pour faire une bouillie épaisse mangée avec de la viande ou du poisson ,a augmenté en moyenne 16,7 pour cent en novembre depuis un an, selon l’Agence de statistiques. En décembre, il avait augmenté de 20 % par rapport à 12 mois plus tôt. Le gouvernement zambien, dont les recettes fiscales ont beaucoup diminué en raison de la baisse de la production minière, n’a pas réussi à reconstituer les réserves stratégiques de la Food Reserve Agency. Alors que le pays a produit un excédent de 634 681 tonnes de maïs, le gouvernement n’avait réussi qu’à acheter 280 000 tonnes sur les 500 000 dont doit disposer cette institution . Les agriculteurs ont préféré vendre à des acheteurs privés qui offrent des prix plus élevés, tandis que le gouvernement a également du mal à freiner la contrebande vers les pays voisins, dont le Malawi et la République Démocratique du Congo. C’est cette situation qui a motivé le gouvernement zambien à interdire toute exportation de farine de maïs.

Les chenilles légionnaires ravagent les champs en Zambie et en RDC

Les chenilles légionnaires ravagent les champs en Zambie et en RDC

En décembre et en janvier, un mois après la décision d’interdire les exportations de farine de maïs, des chenilles légionnaires (army worms) ont anéanti des champs de maïs entiers, posant une menace à la sécurité alimentaire de la nation sud-africaine, a dit le vice-président Inonge Wina. Selon la Zambia National Farmers’ Union, les chenilles légionnaires et d’autres parasites avaient déjà attaqué au moins de la moitié des 10 provinces début février. Les dommages causés aux cultures dans la province du Copperbelt a atteint des niveaux particulièrement alarmants. Certains districts sont tombés victime non seulement aux chenilles légionnaires, mais aussi à des vers et des insectes foreurs de la tige. Environ 90 000 hectares ont été touchées jusqu’à présent. Le Président zambien Edgar Lungu a ordonné à l’aviation de participer au transport aérien de pesticides pour lutter contre l’épidémie. Celle-ci est la première attaque du pays de grande envergure depuis 2012, quand les chenilles légionnaires ont détruit 11 % de la récolte de maïs.
Début janvier, le Mouvement ouvrier chrétien du Congo (MOC), qui réunit près de 1000 ménages de paysans et plusieurs agriculteurs de la province du Haut Katanga, a alerté le ministère provincial de l’agriculture sur l’arrivée massive de chenilles légionnaires qui ravagent les plantations de maïs en provenance de la Zambie. Le MOC craint une pénurie du maïs dans la région dans les mois à venir. L’organisation a sollicité l’aide du gouvernement provincial pour faire face à cette situation. Le directeur de cabinet du ministre provincial de l’Agriculture, pêche et élevage, Michel Mputu a annoncé qu’un insecticide adapté pour combattre ces chenilles serait mis à la disposition des agriculteurs.

Problèmes structurels

En RDC, la production de maïs se heurte à deux principaux problèmes. Tout d’abord, seule une petite partie des terres arables convient à la culture de maïs. Seules quelques régions au Nord Katanga, au Maniema et aux deux Kivu conviennent parfaitement à la culture de maïs. Elles sont marquées en vert sur la carte ci-jointe Au Haut Katanga, il n’y a presque pas de terres aptes à la production de maïs. La majeure partie de la RDC, reproduite en couleurs jaune et brune, ne convient pas au maïs.
De plus, le coût de production du maïs semble nettement plus élevé en RDC que dans les pays voisins. Selon une étude faite il y a quelques années à la faculté d’agronomie de l’Université de Lubumbashi, il serait trois fois plus élevé qu’en Afrique du Sud. Alors que la Zambie et d’autres pays d’Afrique australe subsidient l’agriculture, les droits d’entrée et le tarif du transport des intrants tels que les engrais ainsi que les nombreuses tracasseries frontalières alourdiraient considérablement les frais des producteurs en RDC.

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