Quelle est la valeur de la forêt congolaise ?
Avec ses 145 millions d’hectares de forêts, la RDC représente le deuxième massif forestier tropical au monde après l’Amazonie. Cette forêt constitue une ressource environnementale importante pour l’Humanité.

Elle séquestre un stock de carbone estimé à environ 40 gigatonnes, soit l’équivalent de 140 gigatonnes d’émissions de dioxyde de carbone. En se basant sur un prix de la tonne de dioxyde carbone à 1 dollar, la valeur marchande de la forêt congolaise équivaudrait théoriquement à 140 milliards de dollars.

Toutefois, le dispositif international adopté par la Convention climat de l’ONU appelé mécanisme REDD (acronyme signifiant réductions des émissions liées à la déforestation et à la dégradation forestière) ne récompense pas les pays pour les « forêts sur pieds » qu’ils détiennent, mais plutôt sur leurs efforts visant à enrayer les dynamiques de déforestation, permettant à la fois de réduire la perte de biodiversité et d’éviter les émissions de gaz à effet de serre. Il ne s’agit pas de rémunérer les pays sur la base de leurs forêts existantes, mais plutôt de financer la non-déforestation de ces forêts en leur octroyant une compensation financière calculée notamment sur les services environnementaux rendus et l’économie que représente le carbone non déstocké.

La vraie valeur de la forêt congolaise ne réside donc pas dans son stock de carbone, mais plutôt au niveau des services écologiques et environnementaux inestimables qu’elle rend à l’Afrique et au reste du monde. Elle abrite en effet un nombre important d’espèces endémiques de faune et de flore, qui place la RDC dans le peloton de tête des pays à méga biodiversité.

Afin d'inverser les tendances actuelles dans la perte et la dégradation de la forêt congolaise, il incombe aux autorités congolaises de négocier avec les instances internationales pour obtenir une compensation économique adéquate pour les services écologiques rendues par notre capital forestier.

Tosi Mpanu Mpanu : est négociateur de la RDC pour la Convention Climat de l’ONU depuis décembre 2007.

Il a été président du groupe des négociateurs africains (janvier 2010 à décembre 2011).

Il est actuellement membre du Conseil d’Administration du Fonds Vert pour le Climat et membre du Conseil d’Administration de la Mutuelle Panafricaine de Gestion des Risques, une agence spécialisée de l’Union Africaine.

Tosi Mpanu Mpanu: has been a negotiator for the DRC at the UN Climate Conference since December 2007 and was chair of the Africa Group at the UN negotiations from January 2010 to December 2011. He is on the board of the Green Climate Fund and the board of African Risk Capacity, a specialised agency of the African Union.

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