Afriques, Panafrique
Du discours de Charles de Gaulle à Brazzaville en 1944 à celui de Paul Kagamé à Kigali en 2014, soixante-dix années de l’histoire des Afriques revues à travers les discours de ses dirigeants. 55 textes passés au crible par 127 analystes considérés comme des leaders d’opinion (ministres, diplomates, artistes, personnalités politiques, industriels).

Plus qu’un livre, « Afriques, Panafrique – Des racines à l’arbre » *, est un véritable travail de mémoire. Les auteurs, Christophe BASTID et Patrick BEY, l’ont dédié à la jeunesse africaine, l’invitant à inventer ses propres modèles.… Interview d’un des auteurs de l’ouvrage, le Docteur Christophe Bastid.

Mining and Business : Quel est votre parcours en quelques mots?

Christophe BASTID : Je suis médecin Hépato Gastroentérologue à Marseille et j’ai pratiqué la médecine en Afrique. Je suis aussi Consul honoraire de la République du Cap-Vert.

M&B : D’où est venue l’idée de votre livre?

CB : Cela vient d’une grande interrogation. Pourquoi enfonce-t-on systématiquement la tête sous l’eau à ce continent ? Pourquoi 20 % de la population mondiale n’a pas de siège à l’ONU dans le Conseil de sécurité ? On ne peut pas accepter qu’en permanence, on dévalorise ce continent alors qu’il est d’évidence la ressource du monde. Donc, les deux auteurs se sont dit : on va essayer de rétablir des vérités, de comprendre à partir de l’histoire.

M&B : En vous plongeant dans les discours des grands hommes d’Afrique, c’est bien ça?

CB : Oui, c’est intéressant un discours parce que pour l’homme qui travaille dessus, c’est une façon condensée de faire passer des messages.On a donc sélectionné des allocutions dans différents domaines, politique, mais aussi économique ou culturel. On les a fait commenter par des gens concernés par le  continent. La plupart sont africains, universitaires, diplomates, industriels  ou artistes. Et pour un discours, on a fait à chaque fois plusieurs analyses. Au total, il y a 127 analystes dans l’ouvrage.Cela fait un livre avec des  facettes très différentes qui rendent l’ensemble pertinent et instructif.

M&B : Que répondre à ceux qui diraient :bravo, mais pourquoi est-ce des Européens qui ont écrit ce livre?

CB : Les deux blancs en question: Patrick, 100 ans en Côte d’Ivoire avec son père et son grand-père. L’Afrique c’est aussi pour lui une partie de lui-même. Et puis dans mon cas, c’est mon enfance aussi. C’est beaucoup de voyages. Donc on se sent impliqué par ce continent. Et puis il y a des Africains blancs.

M&B : Pourquoi se retourner sur le passé dans un continent aussi jeune? Et pourquoi faire un livre onéreux et donc difficile à lire par les jeunes?

CB : « La force du baobab est dans ses racines ». Ce n’est pas se retourner sur le passé, c’est éclairer les racines fondatrices constitutives d’un patrimoine historique. Ce beau livre est effectivement cher, car il a 1040pages et 400 cartes et photos. C’est un gros pavé, mais c’est une source documentaire inédite jusque-là, et on peut le morceler autant de fois qu’on veut pour le découvrir. Il a sa place sur l’étagère de tous ceux qui aiment le Continent.

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