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Thérèse Ilunga Une femme de cœur

Thérèse Ilunga, activiste engagée dans la défense des droits des enfants en RDC et fondatrice de l’ONG BUMI est décédée le 19 juin dernier. Hommage à « Maman Thérèse », la mère des orphelins.

Par où commencer? Par son caractère bien trempé ? Sa soif de justice ? Son abnégation et son ardeur au travail? Ou la foi en son pays, le Congo?

Peut-on parler de «Maman Thérèse» sans parler de son parcours, depuis son village natal dans la province du Haut-Lomami, sa rencontre avec son époux et leur histoire d’amour unique, ses voyages comme missionnaire laïque à travers l’Afrique, sa formation d’enseignante, puis d’infirmière et enfin son retour au Congo dans les années 80 pour s’occuper des plus démunis : femmes, malades, handicapés, enfants. Surtout les enfants.

Pourquoi les enfants ? Parce que Thérèse a su percevoir avec justesse que tout se joue pendant l’enfance. Des enfances brisées par les abandons, les abus, les traumatismes, la maladie, la malnutrition, le manque d’éducation ou simplement le manque d’amour conduisent fatalement à produire des adultes incomplets, reproduisant sans cesse le cycle du sous-développement.

C’est pour donner une deuxième chance à ces enfants, citoyens congolais que Thérèse fonde l’ONG BUMI et son village d’enfants en périphérie de Lubumbashi. Au fil des décennies, des milliers d’enfants orphelins et défavorisés sont ainsi accueillis, consolés, nourris, soignés et aimés. Ils retrouvent l’espoir en une vie meilleure, l’envie de vivre et d’avancer.

Quand on circule sur les axes principaux de grandes villes de la RDC et qu’on y croise un nombre toujours plus élevé de «shégués», ces enfants des rues qui mendient et parfois font peur aux passants, on en arrive à les regarder avec mépris et méfiance, ou à carrément ne plus les voir, à ne plus voir l’enfant dans ce corps usé. C’est aussi contre cela que Thérèse se battait: l’indifférence. En passant du temps auprès de ces enfants, que ce soit sur le bord de la route ou le soir dans les abris où ils se réunissent pour inhaler leur colle avant de s’endormir, en parlant avec eux, en les aimant, elle leur rendait leur humanité, le temps d’une soirée ou le temps d’une vie.

Ce combat, Thérèse le poursuivit à travers son engagement politique, et ce jusqu’à la fin de sa vie, convaincue qu’une solution globale au problème de pauvreté passerait par un changement profond de notre système de gouvernance et de nos politiques publiques. Il suffisait dès lors d’entamer la discussion avec elle pour qu’elle vous parle de tous les projets qu’elle souhaitait encore réaliser: les maisons d’accueil à ouvrir, les écoles à construire, les maternités à réhabiliter, les autorités à interpeller sur telle situation alarmante, les mentalités à changer. La veille de sa mort, le corps fatigué par des années de travail acharné, elle refaisait encore le monde.

Pour plus d’info: www.bumi-rdc.org

Contact : [email protected]

Tél. : +243 818 347 147

Olivier Schorochoff de GardaWorld RDC.

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Visite de M. Rémy RIOUX, directeur général du groupe Agence Française de Développement (AFD)