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LE GRAND ENTRETIEN de Jean-Paul Kitenge

Au lendemain de son élection le nouveau Batonnier du Haut Katanga nous ouvre les portes de sa maison et se livre à nos lecteurs.

Pourriez-vous nous raconter la campagne puis votre élection comme Bâtonnier du Barreau du Haut-Katanga ?

De manière formelle, c’est quand le bâtonnier et le conseil de l’ordre donnent le go pour le début de la campagne, vous devez avoir une stratégie. Mais à mon avis, la campagne réelle pour un futur Bâtonnier commence dès l’admission de l’avocat au Barreau.

C’est-à-dire que vous menez campagne pendant toute votre vie d’avocat. La manière dont vous vivez avec les avocats est considérée comme une campagne. Ainsi, le jour où vous sollicitez leurs suffrages pour accéder aux charges ordinales, les avocats se souviennent de vous.

Pour moi, la stratégie a été d’aller à la rencontre de chaque avocat. Pour cela, il faut déjà les connaître, connaitre leur vie et les conditions dans lesquelles ils travaillent. De la sorte, les élections deviennent presque une formalité.

Quel a été le résultat du dernier vote ?

Nous avons fait deux tours, et ce, conformément à la loi. Au premier tour, nous étions à sept et comme personne n’avait réuni la majorité absolue, les deux premiers ont été retenus pour un deuxième tour. Là, j’ai obtenu alors 589 voix, plus de 92%.

Parlez-nous maintenant de vous, de votre famille.

Je suis fils d’un magistrat. Je crois avoir tété le droit à la mamelle, c’est ce qui a créé en moi cette soif et cette vocation de faire le droit (rires). J’ai fait presque le tour de la République avec mon feu père et ma mère qui accompagnait son mari.

Mon père est décédé, seule ma mère vit encore. Mon père avait une vision pour ses enfants. Nous sommes une famille nombreuse. C’est comme ça que j’ai toujours eu beaucoup de considération vis-à-vis de mes parents. Ils estimaient que l’éducation, la formation et l’instruction étaient très importantes.

Et l’école ?

J’ai fait mes études primaires chez les frères Maristes, Champagnat (École primaire Mwangaza qui signifie en swahili « lumière »). Ensuite, je suis allé au Collège des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus (Institut Maele) où j’ai fini en section littéraire option latin-philo.

Je suis resté à l’internat malgré toutes les mutations des parents, pour parachever mes humanités dans les meilleures écoles qui n’étaient pas toujours près de résidences familiales. Cela m’a appris rigueur et ordre.

Votre maman ayant suivi son mari, qui gardait les enfants ?

La famille. Ils sont partis avec certains enfants, mais moi et mon frère qui vient après moi sommes restés à l’internat chez les frères maristes et au Collège Sacré-Cœur jusqu’à ce que nous ayons décroché nos diplômes d’État. Ensuite, je suis allé poursuivre mes études à l’Université de Kinshasa.

La première année à l’Unikin a été marquée par des troubles à l’époque de la Conférence Nationale Souveraine sous le règne du Président Mobutu.

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