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Création de l’Institut de Bassin du Congo, 110 millions raisons d’y croire ?

Lors du premier conseil des ministres de 2024, le 12 janvier, le président Félix Tshisekedi, a annoncé une nouvelle initiative majeure dans la lutte contre le changement climatique. Il a révélé que le milliardaire américain Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et actuelle 3e plus grande fortune du monde, financera l’implantation de l’Institut de bassin du Congo pour la nouvelle économie du climat en RDC, une part des 110 millions de dollars censés assurer le renouveau des forêts dans trois pays du continent.

Le bassin du Congo, « cœur de l’Afrique » et « poumon du monde », absorbe plus de carbone que les forêts tropicales d’Amazonie et d’Asie du Sud-Est réunies. Il abrite 75 millions de personnes et des espèces que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Pourtant, la rapide disparition de ces forêts inquiètent les spécialistes.

Un puit d’absorption du carbone puissant

Abritant 70 % des forêts africaines, 10 000 espèces de plantes et plus de 400 espèces de mammifères, le bassin du Congo est l’un des endroits les plus riches en biodiversité de la planète. La région absorbe des quantités massives de carbone, éliminant chaque année plus de 600 millions de tonnes nettes de dioxyde de carbone de l’atmosphère, soit six fois l’élimination nette estimée des forêts du bassin de l’Amazone. 

Cet institut, financé par le Bezos Earth Fund, aura pour mission de coordonner les recherches sur le climat afin de permettre à la RDC et à la région du bassin du Congo d’adopter une stratégie globale sur le climat. Selon le ministre Patrick Muyaya, l’institut de Bassin du Congo aura une portée à la fois nationale et régionale, rassemblant des experts et des scientifiques de renommée nationale et internationale. Son objectif principal sera de travailler sur les aspects économiques liés au climat en RDC et dans toute la région du bassin du fleuve Congo. Les détails du projet n’ont pas encore filtré, tout du moins du côté du gouvernement congolais.

L’institut de Bassin du Congo « va coordonner voire centraliser les recherches des organismes existants dans le domaine du climat afin de créer une cohérence des politiques sur le climat dans notre pays et définir une stratégie globale du climat à court, moyen et long terme », se félicitait Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, en début d’année.

Les ministères impliqués, Environnement et développement durable, Recherche scientifique et Urbanisme et habitat, ont reçu pour mission d’identifier le site qui accueillera cet institut ainsi que les scientifiques qui y travailleront. Ils doivent « identifier dans le meilleur délai un site qui pourra accueillir cet institut de même que les meilleurs spécialistes qui pourront y travailler afin de faire de ce pôle scientifique un pôle d’excellence et de référence internationale ».

« Vers la protection de 30 % de la région du bassin du Congo d’ici 2030 »

Lors de la COP 26 à Glasgow en novembre 2021, le Bezos Earth Fund avait déjà annoncé avoir attribué 433 millions de dollars à 44 organisations engagées dans la lutte contre le changement climatique. Une partie importante de ces fonds, soit 261 millions de dollars, avait été allouée à des associations travaillant pour la protection des forêts et des écosystèmes du bassin du Congo, notamment la Wildlife Conservation Society (WCS) qui gère actuellement le parc national de Kahuzi-Biega, situé au Sud-Kivu.

Le Bezos Earth Fund, et ses partenaires, travaillent à la création et au renforcement d’aires protégées dans le bassin du Congo, en se concentrant sur la RDC, la République du Congo et le Gabon, trois pays qui détiennent collectivement les deux tiers des forêts intactes du bassin du Congo. « Nous nous efforçons d’encourager la création, l’expansion, la gestion et le suivi des zones protégées et conservées et de faire progresser les droits fonciers des populations autochtones ainsi que le rôle des communautés et des organisations locales dans la conservation », indique un communiqué du BEF sur son site internet.

« Ensemble, nous accélérerons les progrès vers la protection de 30 % de la région du bassin du Congo d’ici 2030 », veut croire l’institution. Nous aussi, presque ? Le fondateur d’Amazon a créé le Bezos Earth Fund en 2020 avec un engagement de verser 10 milliards de dollars sur 10 ans pour lutter contre le changement climatique, qu’il considère comme « la plus grande menace pour notre planète ».

L’initiative de créer l’Institut de bassin du Congo pour la nouvelle économie du climat en RDC représenterait un pas significatif dans la mobilisation des ressources et des expertises pour aborder les défis climatiques auxquels la région est confrontée, alors que les autorités congolaises ne cessent de clamer être « le pays solution » sur la scène internationale. En combinant les financements du Bezos Earth Fund avec les compétences des scientifiques locaux et internationaux, l’Institut de bassin du Congo pourrait devenir un centre d’excellence pour la recherche sur le climat et le développement durable dans toute la région du bassin du Congo, offrant des perspectives prometteuses dans la quête d’un avenir plus durable. Ça donne envie d’y croire, pour cette fois.

M&B

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