Les tensions autour de l’exploitation minière artisanale s’accentuent dans la province du Lualaba. Mardi 20 octobre 2026, plusieurs creuseurs artisanaux ont manifesté à Kolwezi pour exprimer leur mécontentement face à leur évacuation du site de Kamilombe et à leur réinstallation prévue sur la zone d’exploitation artisanale (ZEA) 371.
Dans un communiqué publié le même jour, l’ONG Action Sans Frontière (ASF), spécialisée dans la défense des droits humains et la gouvernance des ressources naturelles, appelle les autorités provinciales à concilier l’assainissement du secteur minier artisanal avec la protection des intérêts économiques des exploitants concernés.
Des milliers d’acteurs concernés
Selon ASF, entre 20 000 et 30 000 exploitants artisanaux seraient concernés par cette opération. À ces derniers s’ajoutent les laveurs de minerais, les transporteurs et les petits commerçants dont les revenus dépendent directement de l’activité minière sur le site.
L’organisation déplore l’absence d’un calendrier d’évacuation clair et consensuel, ainsi que le manque d’évaluation des investissements réalisés par les creuseurs dans leurs puits d’extraction. Ces incertitudes alimentent les inquiétudes quant aux conséquences économiques de leur déplacement.
L’indemnisation en question
Autre point de friction : le montant de l’indemnisation envisagée. Citant des sources concordantes, ASF fait état d’une proposition de 1 000 dollars américains par exploitant pour couvrir les investissements engagés dans chaque puits.
L’ONG juge cette somme potentiellement insuffisante au regard des investissements concernés. Elle estime qu’une telle démarche, sans implication effective des personnes touchées, risque d’exacerber les tensions sociales et de compromettre la paix dans la région.
La viabilité de la ZEA 371 en débat
Face à cette situation, ASF recommande l’ouverture d’un dialogue franc entre les autorités provinciales, les creuseurs artisanaux et les responsables des coopératives minières. Elle plaide également pour des indemnisations justes, un délai raisonnable d’évacuation et des garanties sur la rentabilité du site de réinstallation.
Les coopératives sont, de leur côté, invitées à privilégier les voies du dialogue pour parvenir à une solution concertée.
Au-delà des manifestations, le dossier Kamilombe soulève un défi majeur pour le Lualaba : organiser l’exploitation artisanale sans fragiliser les moyens de subsistance de milliers de personnes. La réussite de la délocalisation dépendra notamment de la capacité des autorités à concilier encadrement du secteur, viabilité économique et stabilité sociale.
Héritier Maila / Demester Maloba


Commentaires