Audit du secteur minier : le Centre Carter soutient l’initiative de Félix Tshisekedi

Une réforme jugée importante
Le Centre Carter a salué l’annonce par le président Félix Tshisekedi d’un audit du secteur minier congolais, estimant qu’il s’agit d’une étape importante pour renforcer la gouvernance des ressources naturelles en République démocratique du Congo.
Décidée lors de la 87e réunion du Conseil des ministres, cette opération devra porter sur le respect des obligations de rapatriement des recettes minières d’exportation, la gestion des coentreprises minières ainsi que les actifs miniers appartenant à l’État.
Dans un communiqué de presse publié le 13 mai 2026, l’organisation considère que cette démarche peut contribuer à améliorer la transparence et la redevabilité dans un secteur clé de l’économie congolaise.
Des pertes financières dénoncées
Présent en RDC depuis plus de quinze ans sur les questions de gouvernance minière, le Centre Carter rappelle avoir mené plusieurs études sur la gestion des entreprises publiques et les mécanismes de mobilisation des recettes minières.
L’organisation cite notamment son rapport « Affaire d’État », publié en 2017 sur la gouvernance de la Gécamines. Cette enquête révélait que plus de 750 millions de dollars américains de revenus n’étaient pas retracés dans les registres de partenariat de l’entreprise publique minière. Le document dénonçait aussi des pratiques contractuelles opaques et des insuffisances dans les mécanismes de contrôle.
Le Centre Carter évoque également des études réalisées entre 2013 et 2024 sur les obligations fiscales liées à plusieurs projets miniers. Selon ces analyses, certaines pratiques d’évitement fiscal auraient causé des pertes de recettes publiques estimées à près de 4 milliards de dollars américains.
Les limites du système fiscal
L’organisation rappelle qu’une évaluation du Code minier révisé de 2018, réalisée en 2025, avait déjà mis en évidence plusieurs difficultés dans la maximisation des recettes minières.
Parmi les problèmes identifiés figurent la complexité des instruments fiscaux, la faible digitalisation des services et les capacités limitées de l’administration fiscale.
Les conditions d’un audit crédible
Pour garantir l’efficacité de cet audit, le Centre Carter insiste sur plusieurs exigences, notamment la transparence du processus, l’accès aux contrats et états financiers des entreprises concernées ainsi que le recours à des experts spécialisés.
L’organisation recommande aussi l’implication de la société civile et un contrôle parlementaire du processus afin de permettre une meilleure gestion des revenus miniers au profit des populations congolaises.
Héritier Maila




