Daniel Mukoko Samba : « La RDC doit accélérer son développement sans compromettre sa stabilité financière »

Présent au Katanga Business Meeting (KBM), le Vice-Premier ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a partagé la vision du gouvernement sur plusieurs dossiers stratégiques : financement des infrastructures, partenariats public-privé, réformes des entreprises publiques et régulation du commerce de détail. Son message est clair : la RDC doit poursuivre ses réformes de manière progressive tout en préservant les équilibres économiques.
Le KBM, un espace de dialogue économique
Pour Daniel Mukoko Samba, le Katanga Business Meeting s’impose comme une plateforme essentielle de concertation entre les pouvoirs publics, le secteur privé et les partenaires économiques.
Il souligne que ce type d’événement permet d’aborder les défis propres aux différentes provinces du pays, tout en adaptant les politiques publiques aux réalités économiques locales.
Une dette maîtrisée pour préserver l’avenir
Alors que plusieurs pays africains recourent massivement à l’endettement pour financer leurs infrastructures, le gouvernement congolais privilégie une approche plus prudente.
Depuis l’allègement de la dette obtenu en 2010, la RDC a maintenu un niveau d’endettement relativement faible, estimé entre 18 % et 19 % du PIB selon le Vice-Premier ministre.
Cette marge financière constitue, selon lui, un atout stratégique qui permet au pays de conserver une capacité d’investissement sans compromettre sa stabilité budgétaire.
Il rappelle toutefois que le développement des infrastructures ne doit pas reposer uniquement sur la dette publique.
Les partenariats public-privé comme levier de développement
Pour accélérer les investissements, Daniel Mukoko Samba estime que les partenariats public-privé (PPP) représentent une solution incontournable.
Il cite notamment plusieurs projets structurants déjà engagés ou en préparation, parmi lesquels le port en eau profonde de Banana et le projet hydroélectrique Grand Inga.
Le gouvernement souhaite également explorer de nouveaux modèles de financement dans certains secteurs stratégiques, tout en préservant le rôle des entreprises publiques lorsque cela est nécessaire.
Réformer progressivement les entreprises publiques
Interrogé sur les performances de certaines entreprises publiques, le Vice-Premier ministre reconnaît que plusieurs réformes restent difficiles à mettre en œuvre.
Selon lui, les résistances au changement demeurent importantes.
Il prend notamment l’exemple du secteur de l’électricité, où certaines activités ont déjà été ouvertes aux opérateurs privés, tout en annonçant que de nouvelles réformes concernant la SNEL sont en préparation afin de libéraliser certains segments sans remettre en cause les activités stratégiques.
Pour Daniel Mukoko Samba, convaincre passe avant tout par des exemples concrets de réussite.
Avis de non-objection : un outil de régulation, pas une nouvelle taxe
Le Vice-Premier ministre est également revenu sur l’instauration de l’avis de non-objection (ANO), qui suscite de nombreuses interrogations parmi les opérateurs économiques.
Il précise que cette mesure ne constitue pas une nouvelle taxe mais un mécanisme destiné à mieux encadrer certaines activités commerciales conformément à la législation existante.
L’objectif affiché est notamment de protéger le petit commerce congolais tout en maintenant l’ouverture de certaines branches nécessitant d’importants investissements.
Une procédure entièrement digitalisée
Le ministère de l’Économie prévoit que l’ensemble des demandes d’avis de non-objection soit effectué en ligne.
Les opérateurs pourront introduire leur dossier via une plateforme numérique et recevront une réponse dans un délai maximal de trente jours.
À défaut de réponse dans ce délai, la demande sera automatiquement considérée comme acceptée.
Une période transitoire de six mois est également prévue afin de permettre aux entreprises déjà actives de régulariser leur situation.
Soutenir les entrepreneurs congolais
Selon Daniel Mukoko Samba, cette réforme vise avant tout à préserver les activités traditionnellement réservées aux Congolais, notamment le petit commerce.
Certaines branches resteront néanmoins accessibles aux investisseurs étrangers, sous réserve du respect de seuils minimums d’investissement fixés par la réglementation.
Le gouvernement affirme ainsi rechercher un équilibre entre l’attractivité économique et la protection des opérateurs nationaux.




