Selon le communiqué cité par l’agence, la cheffe du gouvernement congolais a souligné le paradoxe d’un pays dont certaines ressources alimentent des conflits sur son territoire alors qu’elles sont de plus en plus indispensables aux transformations de l’économie mondiale.
Une demande mondiale portée par la transition énergétique
Judith Suminwa a expliqué que la transition énergétique, l’électrification des transports, le stockage de l’énergie, l’expansion des infrastructures numériques et de l’intelligence artificielle accélèrent la demande de cuivre, de cobalt, de lithium, de nickel et d’autres minerais critiques. Premier producteur mondial de cobalt et grande puissance du cuivre, la RDC se trouve au cœur de cette transformation, a-t-elle ajouté.
Le cobalt congolais alimente déjà les batteries, les réseaux électriques, les équipements numériques et les technologies nécessaires à la décarbonation de l’économie mondiale, selon la même source. Pour la Première ministre, il serait injuste et dangereux que la valeur ajoutée, les emplois, les savoir-faire et les technologies restent concentrés loin des communautés qui rendent cette mutation possible, et l’on ne bâtira pas une économie décarbonée avec des minerais ensanglantés.
Transformer sur le sol congolais plutôt qu’exporter brut
La RDC refuse le modèle qui confine les pays producteurs à l’extraction brute pendant que la transformation, la recherche, la technologie et l’essentiel des profits se concentrent ailleurs. Judith Suminwa a résumé l’ambition du pays : ne plus être seulement le sous-sol de l’économie mondiale, mais en devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain.
Le gouvernement entend transformer davantage de cobalt et de cuivre sur le territoire national, développer les précurseurs de batteries et les composants industriels, former des ingénieurs, soutenir les chercheurs et intégrer les entreprises congolaises aux chaînes de valeur mondiales. Il souhaite aussi bâtir, avec des partenaires africains et internationaux, des filières régionales compétitives créatrices d’emplois, de compétences et de prospérité partagée.
Modernisation de la gouvernance minière
Sur le plan interne, la RDC poursuit la modernisation de sa gouvernance minière, selon le communiqué : transparence des contrats, des revenus extractifs et des bénéficiaires effectifs, renforcement du cadastre minier, déploiement de mécanismes de traçabilité et lutte contre la fraude.
Le pays accélère également la formalisation de l’exploitation artisanale, l’encadrement des négociants, l’organisation des coopératives et la sécurisation des zones d’exploitation.
La prise de position intervient alors que la RDC occupe une place centrale dans la compétition entre grandes puissances pour l’accès aux minerais critiques, un dossier qui conditionne à la fois ses recettes publiques, l’industrialisation locale et la stabilité de plusieurs provinces minières.
ACP – M&B


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