Marché Mzée à Lubumbashi : à l’approche du 20 août, les vendeurs maintiennent la pression

À quelques jours de l’échéance fixée pour la libération du marché Mzée Laurent-Désiré Kabila, la contestation des commerçants ne faiblit pas. Entre le 10 et le 15 août, plusieurs vendeurs sont de nouveau descendus dans la rue pour solliciter l’intervention des députés provinciaux et des organisations de la société civile. Ils contestent notamment leur relocalisation dans plusieurs marchés de Lubumbashi et demandent davantage de temps pour préparer leur déplacement.

Le bras de fer se poursuit autour du marché Mzée Laurent-Désiré Kabila, communément appelé Lusonga. Alors que le 20 août 2026 approche, date à laquelle les vendeurs sont censés avoir libéré le site pour permettre le lancement des travaux de modernisation, les commerçants continuent de faire entendre leur voix.

Durant la semaine du 10 au 15 août, plusieurs vendeurs ont de nouveau manifesté afin de saisir les députés provinciaux ainsi que différentes structures de la société civile. Au cœur de leurs revendications : le refus d’une relocalisation dispersée dans plusieurs marchés de la ville.

Un seul site provisoire réclamé

Le gouvernement provincial a prévu de répartir provisoirement les commerçants entre quatre marchés : le marché central de la Ruashi, le marché de Kamalondo, le marché Kaseba et le marché de Plaine, dans la commune de Kampemba.

Une solution que les vendeurs contestent. Ils estiment que cette dispersion pourrait désorganiser leurs activités et surtout éloigner leur clientèle habituelle.

Pour ces commerçants, le marché Mzée constitue un important pôle commercial où les vendeurs ont développé au fil des années une clientèle régulière. Être déplacés dans différents quartiers de Lubumbashi fait donc craindre une baisse significative du chiffre d’affaires.

Cette inquiétude est d’autant plus forte que l’échéance intervient à l’approche de la rentrée scolaire. Plusieurs familles commerçantes doivent actuellement faire face à d’importantes dépenses liées aux frais scolaires, aux fournitures et à d’autres charges de la rentrée.

Six mois supplémentaires demandés

Interrogés par Mining and Business Magazine, certains commerçants proposent une autre option : bénéficier d’un délai supplémentaire de six mois avant de libérer définitivement le marché.

Pour eux, ce délai permettrait de mieux s’organiser sur le plan économique, de préparer leur transfert et de trouver des solutions pour préserver leur clientèle et leurs revenus.

« Nous ne refusons pas la modernisation du marché. Nous demandons seulement du temps pour nous préparer », résume l’un des vendeurs rencontrés.

D’autres commerçants souhaitent également que les autorités privilégient un site provisoire unique, plutôt qu’une dispersion entre plusieurs marchés. Selon eux, cette formule permettrait de conserver une partie de la dynamique commerciale actuelle et faciliterait le retour des vendeurs une fois les travaux achevés.

Les autorités maintiennent l’échéance

Du côté des autorités, la libération du site demeure nécessaire pour permettre le lancement du projet de modernisation du marché. La mairie de Lubumbashi demande ainsi aux commerçants de respecter l’échéance du 20 août.

Le gouvernement provincial avait annoncé la relocalisation provisoire des vendeurs vers les marchés de la Ruashi, de Kamalondo, de Kaseba et de Plaine. L’objectif affiché est de permettre la réalisation des travaux tout en maintenant les activités commerciales dans différents points de la ville.

Entre modernisation et survie économique

Avec environ 17 000 vendeurs concernés, le dossier dépasse désormais la seule question de la reconstruction d’un marché. Il pose également celle de la protection des activités économiques de milliers de petits commerçants dont les revenus dépendent quotidiennement de leur emplacement.

À quelques jours du 20 août, les autorités provinciales et les représentants des vendeurs restent donc face à un défi majeur : trouver un équilibre entre l’urgence de moderniser une infrastructure commerciale stratégique pour Lubumbashi et la nécessité de préserver les moyens de subsistance des commerçants pendant la période de transition.

La capacité des deux parties à renouer le dialogue pourrait déterminer la suite de ce dossier, alors que la date butoir approche et que la contestation demeure vive sur le terrain.

Héritier Maila

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