MIBA et Gécamines : la Banque mondiale alerte sur les fragilités des entreprises minières publiques congolaises

Un contraste entre boom minier et difficultés des entreprises publiques
Alors que la République démocratique du Congo continue d’enregistrer des performances historiques dans le secteur minier, plusieurs entreprises publiques opérant dans cette filière stratégique peinent à suivre cette dynamique de croissance. C’est l’un des principaux constats dressés par la Banque mondiale dans son récent rapport consacré à l’économie congolaise.
Selon l’institution, malgré la forte progression des exportations minières, les sociétés publiques congolaises restent confrontées à des difficultés financières et structurelles persistantes qui limitent leur contribution au développement économique national.
Plus de 5 milliards USD de pertes cumulées
Dans son analyse, la Banque mondiale estime à plus de 5,3 milliards de dollars les pertes cumulées enregistrées par les entreprises publiques congolaises au cours des dix dernières années.
Les sociétés minières figurent parmi les structures les plus fragilisées, alors même que les minerais constituent l’un des principaux moteurs de croissance de l’économie congolaise.
En parallèle, la RDC continue de renforcer sa position parmi les plus grands producteurs mondiaux de cuivre. En 2025, les exportations ont dépassé 3,4 millions de tonnes, soutenues par l’expansion des activités minières et la forte demande mondiale en minerais stratégiques.
La MIBA confrontée à une crise persistante
Le rapport met particulièrement en lumière la situation de la Minière de Bakwanga, autrefois considérée comme l’un des symboles de l’industrie diamantifère congolaise.
Selon la Banque mondiale, les charges salariales de l’entreprise dépasseraient largement son chiffre d’affaires, illustrant les déséquilibres financiers et les problèmes de gestion qui affectent certaines sociétés étatiques.
Cette situation témoigne des difficultés de relance auxquelles fait face la MIBA depuis plusieurs années, dans un contexte marqué par la baisse de la production et le manque d’investissements.
La Gécamines reste rentable malgré un fort endettement
Le rapport évoque également la situation de la Gécamines, présentée comme l’entreprise publique la plus exposée sur le plan de l’endettement.
D’après la Banque mondiale, la société concentrerait une part importante de la dette globale des entreprises publiques congolaises. Toutefois, contrairement à plusieurs autres structures étatiques, la Gécamines demeure l’une des rares entreprises publiques à générer encore des bénéfices significatifs.
Malgré cette rentabilité, l’entreprise continue de faire face à des défis liés à sa gouvernance, à sa gestion financière ainsi qu’à l’évolution de son modèle économique.
Des difficultés également dans l’énergie et l’eau
Au-delà du secteur minier, le rapport pointe aussi les contreperformances observées dans les secteurs de l’énergie et de l’eau.
La SNEL continue d’enregistrer d’importantes pertes techniques sur son réseau électrique, tandis que la REGIDESO peine à assurer un accès suffisant à l’eau potable pour une grande partie de la population congolaise.
La Banque mondiale plaide pour des réformes
Face à ces constats, la Banque mondiale appelle à des réformes structurelles visant à renforcer la gouvernance, améliorer la transparence et accroître la rentabilité des entreprises publiques congolaises.
Pour l’institution, l’enjeu consiste désormais à permettre aux entreprises d’État, particulièrement dans le secteur stratégique des mines, de jouer pleinement leur rôle dans la création de richesse et le développement économique du pays.
Héritier Maila / Mines.cd





