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RDC : LA CROISSANCE MINIÈRE NE SUFFIT PLUS, LA BANQUE MONDIALE ALERTE SUR LE DÉFICIT D’EMPLOIS

Une économie dominée par l’informel

Intitulé « Le chaînon manquant : de la croissance des entreprises à la création d’emplois », le rapport dresse un constat préoccupant sur la structure du tissu économique congolais. Selon l’institution de Bretton Woods, les industries extractives représentent environ 36,6 % du produit intérieur brut (PIB), mais ne génèrent que 2,5 % des emplois. Un déséquilibre qui illustre la difficulté de l’économie à diffuser les retombées de la croissance minière dans les autres secteurs d’activité.

Dans le même temps, le secteur informel concentre près de 90 % de l’emploi et plus de 99 % des entreprises. Dans le secteur formel, seules environ 3 % des entreprises emploient au moins 100 travailleurs. Pour la Banque mondiale, cette faible présence d’entreprises de taille moyenne limite l’expansion de l’emploi salarié et ralentit la transformation structurelle de l’économie.

Les micro et petites entreprises constituent pourtant un pilier de l’emploi formel. Elles représentent près des trois quarts de celui-ci et contribuent à environ 70 % des créations nettes d’emplois formels. Toutefois, entre 2021 et 2024, près de la moitié des entreprises formelles et environ 70 % des microentreprises formelles n’ont créé aucun emploi à temps plein.

Le financement et les contraintes administratives en question

Le rapport identifie plusieurs obstacles qui empêchent les entreprises de franchir le cap de la croissance. Parmi eux figurent l’accès limité au financement, les déficits d’infrastructures, les coûts logistiques élevés, la corruption et les lourdeurs administratives.

Le crédit au secteur privé représente environ 11 % du PIB en RDC, contre une moyenne de 21 % en Afrique subsaharienne. Les PME bénéficient, quant à elles, de moins de 20 % des prêts bancaires. Autre difficulté : les dirigeants d’entreprises consacrent en moyenne 20 % de leur temps aux exigences réglementaires, soit plus du double de la moyenne régionale.

Dans ces conditions, les entreprises disposent de marges limitées pour investir, améliorer leur productivité et recruter de nouveaux travailleurs.

Des réformes pour transformer la croissance en emplois

Face à ces défis, la Banque mondiale préconise des réformes destinées à améliorer le climat des affaires, faciliter l’accès des PME au financement, renforcer les infrastructures et alléger les contraintes administratives et fiscales.

Les perspectives avancées dans le rapport montrent néanmoins le potentiel de ces changements. L’amélioration de certains paramètres de l’environnement des affaires pourrait accroître la production par travailleur de 10 à 40 %. Les réformes ciblant les PME pourraient également permettre de générer entre 3 500 et 12 000 emplois formels supplémentaires sur trois ans parmi les entreprises existantes.

Au-delà des PME, l’institution recommande de renforcer les liens entre les grandes exploitations minières et les fournisseurs nationaux afin d’accroître la participation des entreprises congolaises aux chaînes de valeur du secteur extractif.

Pour un pays dont la croissance demeure fortement dépendante de l’exploitation minière, l’enjeu consiste désormais à mieux redistribuer les effets de cette richesse dans l’économie nationale. La consolidation d’un tissu d’entreprises productives, capables de grandir et d’embaucher, apparaît ainsi comme une condition essentielle pour faire de la croissance économique un véritable levier de développement et d’amélioration des conditions de vie.

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