May 29, 2026

RDC : la pénurie d’acide sulfurique menace la production de cuivre

La République démocratique du Congo pourrait connaître un ralentissement de sa production de cuivre en 2026. En cause : les perturbations persistantes dans l’approvisionnement en acide sulfurique, un intrant essentiel au traitement des minerais oxydés. Selon une analyse de Goldman Sachs relayée par Jeune Afrique, jusqu’à 125 000 tonnes de cuivre seraient menacées si cette crise se poursuit.

Une tension mondiale sur le marché

Le cuivre évolue actuellement dans un contexte de forte tension, avec un prix avoisinant les 12 300 dollars la tonne. Au centre des inquiétudes figure la raréfaction de l’acide sulfurique, indispensable à une partie importante de la production mondiale de cuivre.

Les chiffres traduisent l’ampleur du choc : au premier trimestre 2026, les importations mondiales de soufre sont passées de 414 000 tonnes à 368 500 tonnes, tandis que celles d’acide sulfurique ont chuté de 113 000 tonnes à seulement 29 200 tonnes.

Mining and Business Magazine avait déjà alerté

Dans sa livraison d’avril, Mining and Business Magazine avait déjà consacré une analyse à cette problématique sous le titre : « Conflit au Moyen-Orient, aggravation de la pénurie des métaux stratégiques, le prix du soufre au plus haut depuis 2008 ». Le magazine relayait notamment les inquiétudes exprimées lors du FT Commodities Global Summit à Lausanne. Interrogé par Bloomberg, Mark Kristoff, PDG de Traxys Group, évoquait une « pénurie croissante de produits » sur les marchés des métaux stratégiques.

De son côté, Graeme Train, responsable mondial de l’analyse des métaux et des minéraux chez Trafigura, estimait qu’une rupture d’approvisionnement en soufre pourrait affecter les exploitants de cuivre et de nickel. Il révélait également que Trafigura avait acheminé du soufre des États-Unis vers la RDC afin d’anticiper les perturbations liées aux tensions au Moyen-Orient.

La Chine accentue la pression

La situation s’est aggravée avec la décision de la Chine, qui représente près de 45 % de la production mondiale d’acide sulfurique, de suspendre ses exportations depuis début mai pour privilégier son marché intérieur.

Cette orientation a provoqué une forte hausse des prix, estimée entre 50 % et 100 % pour l’acide sulfurique, accentuant les inquiétudes sur les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Une dépendance toujours forte

En RDC, le complexe Kamoa-Kakula développe sa propre production d’acide sulfurique afin de réduire sa dépendance aux importations.

Malgré ces initiatives, la dépendance aux intrants importés reste un défi majeur pour le secteur minier congolais. Si la crise mondiale perdure, elle pourrait affecter les recettes d’exportation d’un secteur clé de l’économie nationale.

Héritier Maila / Sources : Jeune Afrique, Mining and Business Magazine et Mines.cd

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