RDC : le FMI débloque 348,5 millions de dollars, mais met Kinshasa face à ses défis budgétaires

Le Fonds monétaire international (FMI) renouvelle son soutien financier à la République démocratique du Congo (RDC), tout en appelant les autorités à renforcer la discipline budgétaire et à accélérer les réformes économiques. À l’issue de la revue de ses programmes d’appui, le conseil d’administration de l’institution a approuvé un nouveau décaissement de 348,5 millions de dollars, portant le total des financements accordés au pays à plus d’un milliard de dollars depuis janvier 2025.
Une économie portée par le secteur minier
Dans son évaluation, le FMI salue la résilience de l’économie congolaise, soutenue par les bonnes performances du secteur minier. Malgré un contexte régional difficile, l’institution estime que la RDC a su préserver une certaine stabilité macroéconomique.
Cependant, le Fonds avertit que plusieurs facteurs continuent de menacer cette dynamique et nécessitent une vigilance accrue des autorités.
L’Est du pays demeure une source d’inquiétude
Le FMI relève que la persistance du conflit dans l’est de la RDC continue d’alourdir les dépenses publiques et d’aggraver la crise humanitaire. L’institution évoque également l’épidémie d’Ebola ainsi que les tensions politiques internes comme autant de risques susceptibles d’affecter les perspectives économiques du pays.
Des écarts dans la gestion des finances publiques
L’institution financière internationale constate deux écarts par rapport aux objectifs fixés. D’une part, les dépenses de l’État ont dépassé les prévisions, principalement en raison des besoins sécuritaires liés au conflit dans l’est. D’autre part, la Banque centrale du Congo a modifié la méthode de fixation du taux de change appliqué aux opérations avec le Trésor public, une évolution jugée contraire aux engagements du programme.
Accélérer les réformes contre la corruption
Le FMI appelle enfin les autorités congolaises à poursuivre les réformes destinées à lutter contre la corruption, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La RDC figure toujours sur la liste grise du Groupe d’action financière. Si l’organisme a reconnu les progrès réalisés par Kinshasa à la mi-juin, une mission de vérification devra encore confirmer la mise en œuvre effective des réformes avant toute éventuelle sortie de cette liste.
Héritier Maila
Source : Radio France Internationale.




