RDC : le général Eddy Kapend réaffirme l’interdiction de la présence des militaires sur les sites miniers

Le commandant de la 22 région militaire, le général Eddy Kapend, a rappelé avec fermeté que les militaires n’ont pas vocation à assurer la sécurité des exploitations minières privées. Cette mise au point, faite à Kolwezi, s’inscrit dans la volonté du gouvernement de recentrer les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sur leurs missions constitutionnelles et de renforcer la gouvernance du secteur minier.

Retrait immédiat des militaires

À l’issue du vernissage de son ouvrage à Kolwezi, le général Eddy Kapend a annoncé avoir ordonné le retrait immédiat de tous les militaires présents sur le site minier de Kisankala. Cette décision traduit l’application stricte des directives gouvernementales interdisant le déploiement des militaires sur les sites d’exploitation minière, sauf dans des circonstances exceptionnelles relevant de la sécurité nationale.

Pour le commandant de la 22ᵉ région militaire, les FARDC doivent concentrer leurs efforts sur la défense de l’intégrité territoriale, la lutte contre les groupes armés et la protection des populations, plutôt que d’être impliquées dans des différends liés à des intérêts économiques privés.

Un appel aux opérateurs miniers

Le général Kapend a également interpellé les opérateurs miniers, les invitant à mettre fin au recours aux militaires pour résoudre des conflits fonciers, protéger des concessions ou intervenir dans des litiges entre exploitants.

Selon lui, cette pratique détourne les forces de défense de leur mission première et crée une confusion entre les responsabilités des services de sécurité de l’État et celles des entreprises privées. Les différends commerciaux ou liés aux concessions minières doivent être traités par les autorités administratives, judiciaires ou les services compétents de la Police nationale congolaise, et non par l’armée.

Vers une meilleure gouvernance du secteur minier

Cette position s’inscrit dans les efforts engagés par les autorités congolaises pour améliorer la gouvernance des ressources naturelles et renforcer la transparence dans le secteur minier. La séparation claire entre les missions de défense nationale et les activités économiques est considérée comme un facteur important pour rassurer les investisseurs, limiter les risques d’abus et promouvoir un climat d’affaires plus prévisible.

Dans une province comme le Lualaba, où l’exploitation du cuivre et du cobalt constitue un moteur essentiel de l’économie nationale, la clarification du rôle des forces de sécurité apparaît comme un enjeu majeur. Elle vise à garantir que la sécurisation des investissements s’effectue dans le respect du cadre légal, sans impliquer les FARDC dans la gestion des intérêts privés.

Par cette décision, le général Eddy Kapend réaffirme que les militaires doivent rester au service exclusif de la défense de la République, tandis que les acteurs du secteur minier sont appelés à privilégier les mécanismes légaux de règlement des différends et les services de sécurité habilités à intervenir dans le cadre des activités économiques.

Héritier Maila

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