May 30, 2026

RDC : le gouvernement impose un Avis de Non-Objection aux commerçants étrangers

Le gouvernement congolais durcit l’encadrement du commerce de détail exercé par les opérateurs étrangers en République démocratique du Congo. Le ministère de l’Économie nationale a officiellement lancé la procédure d’obtention de l’Avis de Non-Objection (ANO), désormais exigé pour plusieurs activités commerciales exercées par des étrangers sur le territoire national.

La mesure a été rendue publique le 17 mai 2026 à travers une communication du ministère. Elle s’inscrit dans une volonté des autorités de mieux réguler le secteur du commerce de détail et de renforcer le contrôle des activités économiques dominées par certains opérateurs étrangers.

Plusieurs secteurs concernés

L’obligation de détenir un ANO vise un large éventail d’activités commerciales et de services. Sont notamment concernés les supermarchés et hypermarchés, les activités d’hébergement et de restauration, les stations-services, ainsi que la vente de véhicules, motos et pièces détachées.

Le ministère cite également les secteurs des produits pharmaceutiques, des appareils électroniques et électroménagers, des services de réparation, du transport et de la logistique, à l’exception des taxis, ainsi que les activités liées aux loisirs, aux articles de luxe, aux équipements sportifs et aux librairies.

À travers cette réforme, les autorités veulent disposer d’un mécanisme de contrôle préalable sur les opérateurs économiques étrangers intervenant dans des secteurs jugés stratégiques ou fortement concurrentiels.

Une procédure désormais dématérialisée

Le ministère de l’Économie nationale précise que les demandes d’Avis de Non-Objection devront désormais être introduites en ligne via une plateforme numérique dédiée.

Cette dématérialisation vise à simplifier les démarches administratives, réduire les délais de traitement et améliorer la traçabilité des opérateurs économiques concernés. Les autorités espèrent également renforcer le suivi des activités commerciales exercées par les étrangers sur le marché congolais.

Protection du commerce local

Derrière cette nouvelle exigence administrative, le gouvernement affiche aussi une volonté de protéger les commerçants nationaux face à une concurrence parfois dénoncée comme déséquilibrée.

Depuis plusieurs années, des organisations professionnelles congolaises réclament un meilleur encadrement de certaines activités commerciales de proximité dominées par des investisseurs étrangers, notamment dans les secteurs du commerce général, de l’alimentation et des services.

Avec l’instauration de l’ANO, les autorités entendent ainsi structurer davantage le commerce de détail tout en renforçant la régulation économique dans plusieurs filières stratégiques.

Le ministère de l’Économie nationale n’a pas encore précisé les sanctions prévues en cas de non-respect de cette obligation, mais cette mesure marque une nouvelle étape dans le contrôle des activités commerciales exercées par les opérateurs étrangers en République démocratique du Congo.

MB / Zoom Eco et Forum des As

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