RDC : le gouvernement veut tripler les redevances sur le lithium et les minerais stratégiques

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La République démocratique du Congo poursuit sa stratégie de valorisation de ses ressources minières. Le gouvernement a approuvé l’inscription du lithium, du tantale, du niobium, du tungstène, de l’uranium et des terres rares sur la liste des minerais stratégiques. Cette décision pourrait faire passer les redevances minières de 3,5 % à 10 %, conformément aux dispositions du Code minier.
Une réponse à la demande mondiale
Cette mesure intervient dans un contexte de forte croissance de la demande pour les minerais dits critiques. Le lithium est devenu indispensable à la fabrication des batteries pour véhicules électriques, tandis que les terres rares, le tantale ou encore le tungstène sont utilisés dans les secteurs des technologies avancées, de l’électronique et de la défense.
Pour Kinshasa, ces ressources représentent désormais un enjeu économique et géopolitique majeur. En les classant parmi les minerais stratégiques, les autorités entendent accroître la part des revenus tirés de leur exploitation.
Le lithium de Manono en première ligne
La décision concerne particulièrement le lithium, alors que la RDC se prépare à rejoindre les grands producteurs mondiaux grâce au projet de Manono, dans la province du Tanganyika. Considéré comme l’un des plus importants gisements de lithium au monde, ce projet suscite l’intérêt de plusieurs investisseurs internationaux.
L’augmentation des redevances pourrait toutefois modifier les équilibres économiques de certains projets miniers. Pour les entreprises, une taxation plus élevée représente un coût supplémentaire qui pourrait peser sur la rentabilité, notamment dans un contexte marqué par la fluctuation des prix du lithium sur les marchés internationaux.
Plus de recettes pour l’État
Du côté des pouvoirs publics, l’objectif est clair : permettre à la RDC de mieux bénéficier de la valeur de ses ressources naturelles. Une hausse des redevances pourrait générer des recettes supplémentaires pour financer les infrastructures, l’énergie, l’éducation ou encore la santé.
Cette orientation s’inscrit dans une politique visant à renforcer la souveraineté économique du pays sur ses minerais stratégiques. Elle traduit également la volonté des autorités de capter une plus grande part des revenus issus de la transition énergétique mondiale.
Reste désormais à observer la réaction des investisseurs et des groupes miniers concernés. Leur capacité à s’adapter à ce nouveau cadre fiscal sera déterminante pour l’avenir des grands projets de lithium et des autres minerais critiques en RDC.
MB – MINING.CD – MINISTERE DES MINES




