Soraya Aziz (ARE) : « L’objectif est d’accélérer les investissements pour améliorer durablement l’accès à l’électricité »

À la tête de l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité (ARE) depuis quelques mois, Soraya Aziz entend faire de la régulation un levier pour accélérer les investissements énergétiques en République démocratique du Congo. Dans un entretien accordé à Mining & Business à l’occasion du Katanga Business Meeting (KBM), elle revient sur les ambitions du secteur, les réformes en cours et la stratégie visant à porter le taux d’accès à l’électricité à 62 % d’ici 2030.
Une nouvelle dynamique pour le secteur de l’électricité
Soraya Aziz prend la direction de l’ARE après un parcours partagé entre le secteur minier, la société civile et l’Agence Nationale d’Électrification Rurale (ANSER), où elle a notamment piloté la communication et la promotion des investissements.
Elle arrive dans un contexte marqué par une nouvelle impulsion des autorités congolaises, avec de nouveaux responsables à la tête des principales institutions du secteur énergétique et plusieurs réformes en cours.
Le rôle de l’ARE dans un marché libéralisé
Créée à la suite de la libéralisation du marché de l’électricité engagée en 2014, l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité est chargée d’encadrer l’ouverture du marché aux investisseurs privés.
Sa mission consiste notamment à garantir une concurrence équitable, délivrer les autorisations nécessaires, protéger les consommateurs et assurer un environnement stable pour les opérateurs.
L’institution joue également un rôle de conseil auprès du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques destinées à renforcer l’accès à l’électricité.
Attirer davantage d’investissements
Pour la Directrice Générale, l’une des priorités consiste à rendre le secteur plus attractif pour les investisseurs.
L’ARE travaille à simplifier les procédures administratives, renforcer la transparence dans l’octroi des licences et offrir davantage de visibilité aux opérateurs souhaitant développer des projets énergétiques en RDC.
Selon elle, un cadre réglementaire clair constitue un facteur essentiel pour mobiliser les capitaux nécessaires au développement du secteur.
Un objectif national : 62 % d’accès à l’électricité d’ici 2030
La RDC ambitionne de porter le taux d’accès à l’électricité à 62 % d’ici 2030, avant d’atteindre progressivement un accès universel à l’horizon 2045, avec l’ambition d’y parvenir dès 2040 si les conditions le permettent.
L’ARE accompagne cette stratégie nationale en mettant en place les mécanismes de régulation destinés à accélérer les investissements et faciliter la réalisation des projets.
Miser sur des solutions décentralisées
Face aux besoins considérables du pays, Soraya Aziz estime que le développement passera également par des solutions énergétiques décentralisées.
La législation permet aujourd’hui à certains opérateurs d’assurer l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production jusqu’à la commercialisation de l’électricité.
Ces projets doivent permettre de répondre plus rapidement aux besoins des communautés, notamment dans les zones insuffisamment desservies.
Une meilleure planification du réseau électrique
Parmi les réformes annoncées figure également la création d’un cadastre énergétique national.
Cet outil doit permettre de cartographier les infrastructures existantes, d’identifier les besoins énergétiques et de donner aux investisseurs une meilleure visibilité sur les opportunités disponibles.
L’objectif est également de centraliser les données du secteur afin de réduire les délais d’instruction des dossiers et d’accélérer la délivrance des licences.
L’électricité comme moteur de la croissance
Pour Soraya Aziz, le développement énergétique constitue un préalable indispensable à la transformation économique du pays.
Elle rappelle notamment que la planification énergétique doit accompagner les besoins du secteur minier, dont le déficit en énergie est actuellement estimé à environ 1,5 gigawatt.
En renforçant la régulation et en facilitant les investissements, l’ARE entend contribuer durablement à l’amélioration de l’accès à l’électricité et soutenir la croissance économique de la République démocratique du Congo.




