La République démocratique du Congo se retrouve au cœur d’un nouveau dossier sensible dans ses relations avec la France. Paris envisage de conditionner une partie de son aide publique au développement à la coopération de plusieurs pays africains dans la lutte contre l’immigration clandestine vers Mayotte. La RDC figure parmi les pays concernés par ce dispositif.
Cette orientation française a été annoncée fin août par le Premier ministre français Sébastien Lecornu lors de sa visite à Mayotte. Paris souhaite mettre en place un mécanisme de « bonus-malus » permettant de tenir compte du niveau de coopération des États concernés dans la lutte contre les réseaux de passeurs, la délivrance de laissez-passer consulaires et la réadmission de leurs ressortissants en situation irrégulière.
La RDC, une nouvelle origine des migrants
Le phénomène migratoire vers Mayotte connaît une évolution importante. Alors que les Comores constituent historiquement le principal pays d’origine des migrants arrivant sur cette île française de l’océan Indien, les ressortissants de la RDC occupent désormais une place importante dans les demandes d’asile.
Selon les données rapportées par Le Monde, les Congolais représentaient environ la moitié des demandes d’asile enregistrées à Mayotte en 2025. En 2025, 1 023 demandes d’asile de ressortissants congolais y ont été enregistrées. Sur les huit premiers mois de 2026, leur nombre atteignait déjà 1 005 dossiers.
Une partie de ces migrants provient notamment du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, régions confrontées depuis plusieurs années aux conflits armés et aux déplacements de populations.
L’aide au développement comme moyen de pression
Pour Paris, l’objectif est désormais de faire de la coopération migratoire un élément de la relation avec les pays concernés. La France entend ainsi utiliser son aide publique au développement comme levier pour obtenir davantage de coopération en matière de contrôle des flux migratoires.
Le gouvernement français assure toutefois que l’aide humanitaire directement destinée aux populations vulnérables ne serait pas remise en cause.
Cette nouvelle approche pourrait néanmoins avoir des implications économiques et diplomatiques pour la RDC, notamment dans un contexte où Kinshasa cherche à renforcer ses partenariats internationaux et à mobiliser davantage de financements pour son développement.
Un enjeu qui dépasse Mayotte
Au-delà de la question migratoire, le dossier révèle une autre dimension de la crise dans l’est de la RDC. L’insécurité et les difficultés socio-économiques continuent de pousser certaines populations à rechercher de nouvelles perspectives en dehors du pays.
Pour Kinshasa, l’enjeu consiste désormais à répondre aux préoccupations françaises en matière de migration tout en évitant que cette question ne fragilise les mécanismes de coopération et d’aide au développement.
Le dossier pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence dans les relations entre la RDC et la France, où les questions migratoires, économiques, sécuritaires et de développement apparaissent de plus en plus étroitement liées.
MB – LE MONDE


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