UNE ÉPIDÉMIE DIFFICILE À CONTENIR
Sept provinces et 65 zones de santé sont touchées. L’Ituri reste l’épicentre, avec 6 734 cas et 3 177 décès. Au total, 899 patients sont hospitalisés ou isolés et 2 418 personnes se sont rétablies. Détection tardive, chaînes de transmission mal identifiées, insécurité et déplacements compliquent le travail des équipes. Des décès dans les communautés montrent que certains malades n’accèdent pas assez vite aux soins.
Le virus Bundibugyo ne dispose ni de vaccin homologué ni de traitement spécifique approuvé. La riposte repose sur le dépistage, l’isolement, les soins de soutien, le suivi des contacts et la prévention des infections.
LE KENYA EN ALERTE
Le Kenya a confirmé le décès, le 5 octobre, d’un homme ayant séjourné en RDC et transité par l’Ouganda avant de rejoindre Nairobi. Le 14 octobre, les autorités ont annoncé un deuxième cas, un proche du premier patient, placé en quarantaine avant l’apparition des symptômes. Sur 128 contacts identifiés, 113 avaient été retrouvés et 108 placés en quarantaine ; les recherches continuaient pour les autres.
Dans une région où le tourisme compte beaucoup, cette alerte est suivie de près. Le Kenya est une destination touristique majeure en Afrique de l’Est. Si l’impact économique n’est pas établi, l’épidémie pourrait renforcer les contrôles sanitaires et inquiéter les voyageurs. L’OMS déconseille les restrictions aux voyages et au commerce.
700 MILLIONS DE DOLLARS À ÉCLAIRCIR
Le financement de la riposte soulève des questions. Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a demandé des explications sur le suivi des fonds. Selon Radio Okapi, 926,66 millions de dollars auraient été décaissés par les partenaires, tandis que plus de 700 millions ne seraient pas clairement retracés. L’Institut national de santé publique aurait indiqué en avoir retracé plus de 200 millions, dont près de 100 millions encore inutilisés.
Ces chiffres appellent des clarifications sur les sommes promises, décaissées et dépensées. Ils ne prouvent pas, à eux seuls, un détournement. Mais alors que l’épidémie continue de tuer, la transparence est essentielle pour vérifier que l’argent atteint les centres de soins, les équipes et les communautés affectées. La riposte se joue aussi dans la capacité à rendre compte des financements en RDC aussi.
Héritier Maila
Sources de référence : Organisation mondiale de la santé (OMS) · Radio Okapi — Financement de la riposte contre Ebola


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