M&B 66 : L’arbre qui cache la forêt

Selon les projections du FMI, le PIB global de la RDC pourrait bientôt dépasser celui de
l’Éthiopie. À première vue, la nouvelle est flatteuse. Mais derrière cette performance se
cache une réalité bien moins reluisante.
En effet, un autre indicateur raconte une tout autre histoire : le PIB par habitant. Là où l’Éthiopie
atteint environ 1 100 USD, la RDC plafonne encore à 700 USD. Ce décalage n’est pas anodin.
Il révèle une vérité structurelle : la richesse produite en RDC ne se diffuse pas suffisamment
dans l’économie réelle.
La différence est presque brutale : l’Éthiopie produit, la RDC extrait.
D’un côté, une économie progressivement diversifiée, tournée vers la transformation et la
création de valeur. De l’autre, une croissance largement dépendante des matières premières,
donc exposée à leur volatilité. Une croissance extractive, par nature fragile, qui peine à devenir
inclusive et durable.
Ce qui fait défaut aujourd’hui, ce n’est ni la richesse du sous-sol ni l’énergie des entrepreneurs.
C’est la volonté des réformes. L’État n’avance pas, ou souvent, de manière incohérente.
Un exemple ? Dans certaines entreprises publiques, la masse salariale dépasse 85% du
chiffre d’affaires, symptôme d’une gestion, d’un système à bout de souffle. Les routes, les
infrastructures sont dans un état lamentable, et les dysfonctionnements persistants, la
corruption dans les régies financières continuent de peser lourdement sur la compétitivité.
L’entretien en pleine franchise que nous a accordé le directeur de l’ENA, le confirme.
Cependant, la RDC n’est pas condamnée à un modèle moyennageux. C’est précisément pour
cela que nous continuons d’y croire.
À travers notre engagement aux côtés d’événements majeurs comme le KBM et la DRC Mining
Week, nous souhaitons mettre en lumière celles et ceux qui incarnent déjà le changement. Car
la transformation du Congo viendra surtout de son secteur privé.
Ce numéro 66 est dédié à ces entrepreneurs qui prennent des risques, innovent, investissent
et construisent. À ces acteurs qui, chaque jour, participent à structurer une économie plus
résiliente et plus créatrice de valeur.
C’est dans cet esprit que nous avons choisi de mettre une nouvelle fois à l’honneur EquityBCDC
en couverture, symbole d’un secteur financier en pleine mutation et désormais incontournable
dans le paysage économique congolais.
Olivier Delafoy





