La demande mondiale en minerais pourrait doubler d’ici à 2040. Pour y répondre, la Banque mondiale veut accroître son soutien au secteur et mobiliser davantage de capitaux privés.
Un soutien multiplié par cinq
Selon l’institution, cette hausse nécessiterait près de 500 milliards de dollars d’investissements supplémentaires, notamment pour répondre aux besoins de la transition énergétique et du numérique.
La Banque mondiale entend porter à 19 milliards de dollars son soutien aux métaux et minerais sur les exercices 2026 à 2030, contre 3,6 milliards mobilisés entre 2021 et 2025. Ce montant combine ses financements et les capitaux privés qu’elle compte mobiliser. Il ne s’agit donc ni d’une enveloppe annuelle ni de fonds déjà attribués à chaque pays.
Le 16 octobre, à Bangkok, huit États ont lancé des partenariats avec l’institution. Quatre sont africains : l’Égypte, le Malawi, la Mauritanie et la Zambie. L’Argentine, la Bolivie, l’Inde et le Kazakhstan complètent cette première liste.
De l’extraction à la valeur ajoutée
Les accords prévoient des réformes du cadre minier, l’amélioration des données géologiques, le développement des infrastructures énergétiques et de transport, ainsi que la formation de la main-d’œuvre. Ils visent à renforcer les fournisseurs locaux et la transformation.
L’ambition est de dépasser l’exportation de minerais bruts et de retenir davantage de valeur ajoutée dans les économies productrices. En Zambie, le partenariat met notamment l’accent sur la production de cuivre, les infrastructures et les activités locales de transformation.
La RDC face au défi industriel
Acteur majeur du cuivre et du cobalt, la République démocratique du Congo est concernée par cette nouvelle orientation du financement minier. Elle ne figure pas parmi les huit premiers pays signataires. La Banque mondiale a toutefois identifié vingt pays comme partenaires potentiels, au-delà de cette première vague.
Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse l’accès aux financements : il s’agit de réunir les conditions d’une industrialisation minière, notamment l’énergie fiable, des corridors de transport performants, les compétences techniques et une gouvernance transparente. Sans ces leviers, l’essor de la demande mondiale risque de profiter surtout aux chaînes de valeur établies à l’étranger.
La transformation locale et la création d’emplois détermineront les retombées de cette dynamique.
Héritier Maila


Commentaires