RDC : face au potentiel minier, Faustin Luanga plaide pour une agriculture mieux structurée

La République démocratique du Congo (RDC) ne manque pas de ressources, mais souffre davantage d’un déficit de cohérence entre ses ambitions et leur mise en œuvre. C’est l’analyse de l’économiste Faustin Luanga, qui estime que le pays doit mieux valoriser son potentiel agricole et renforcer les compétences nécessaires à sa transformation.
Un déficit de compétences
Faustin Luanga relève notamment l’insuffisance d’ingénieurs et d’agronomes face à l’ampleur des potentialités congolaises. Selon lui, cette faiblesse constitue un frein à la transformation du secteur agricole, alors que le pays dispose de vastes terres arables et d’importantes ressources naturelles.
L’économiste revient ainsi sur la promesse présidentielle de la « revanche du sol sur le sous-sol », qui devait traduire la volonté de faire de l’agriculture un pilier du développement économique. Il estime toutefois que cette ambition n’a pas été accompagnée par un renforcement suffisamment important de la formation agronomique.
S’inspirer des modèles asiatiques
S’appuyant sur son expérience en Asie, Faustin Luanga compare la trajectoire de la RDC à celles du Japon, de la Corée du Sud et des « tigres asiatiques », mais aussi à celle de l’Éthiopie. Pour lui, ces pays ont démontré que le développement repose moins sur l’abondance des ressources que sur la capacité à organiser, planifier et maintenir les efforts dans le temps.
Cette expérience montre, selon lui, l’importance d’investir dans les compétences, l’organisation des filières et la continuité des politiques publiques. Pour la RDC, il ne suffit donc pas de disposer d’un potentiel agricole et minier considérable : encore faut-il créer les conditions permettant de le transformer en richesse et en emplois.
La discipline institutionnelle au cœur du défi
Faustin Luanga estime finalement que la RDC fait face à un « problème de discipline institutionnelle ». La souveraineté économique, souligne-t-il, ne se mesure pas uniquement à la possession de ressources naturelles, mais également à la capacité de l’État à exécuter ce qui est planifié.
Dans cette perspective, mieux structurer l’agriculture, renforcer la formation des agronomes et assurer une mise en œuvre constante des politiques publiques apparaissent comme des conditions essentielles pour concrétiser la « revanche du sol sur le sous-sol ».
Héritier Maila / Stanis Bujakera







