May 28, 2026

Ebola en RDC : l’OMS redoute une propagation nationale, l’épidémie gagne du terrain

L’épidémie d’Ebola continue de susciter une vive inquiétude en République démocratique du Congo. L’Organisation mondiale de la santé a relevé à un niveau « très élevé » le risque que la souche Bundibugyo évolue vers une propagation nationale. Une décision qui intervient alors que le nombre de cas augmente rapidement dans l’est du pays et que plusieurs zones sanitaires peinent à contenir la maladie.

Selon le dernier rapport publié par les autorités congolaises au 22 mai 2026, la RDC compte désormais 91 cas confirmés d’Ebola, avec 19 nouvelles contaminations enregistrées en une seule journée. Parmi ces nouveaux cas, 18 ont été signalés en Ituri et un au Sud-Kivu. Trois décès supplémentaires ont également été confirmés, portant le total à 10 morts confirmés et 204 décès probables.

L’Ituri au cœur de la flambée

La province de l’Ituri reste l’épicentre de cette nouvelle flambée épidémique. La zone de santé d’Aru a enregistré ses premiers cas, devenant ainsi la douzième zone de santé touchée dans le pays. Cette progression géographique démontre les difficultés rencontrées dans le contrôle de la maladie, notamment dans les régions frontalières et à forte mobilité de population.

Les structures sanitaires sont sous pression. Au 22 mai, 147 patients étaient placés en isolement dans les centres de traitement Ebola de l’Ituri. Le laboratoire de Bunia affichait par ailleurs un taux de positivité de 48 %, signe d’une circulation active du virus dans plusieurs communautés.

Le suivi des contacts inquiète

Les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux s’inquiètent particulièrement de la faiblesse du suivi des contacts. Le taux global de surveillance n’atteint que 20 %, alors que près d’une centaine de personnes exposées au virus ont été perdues de vue depuis plus de 72 heures.

Dans certaines zones comme Rwampara et Kilo Mission, le suivi des contacts est quasiment inexistant. Cette situation complique fortement les efforts de confinement et augmente le risque de propagation vers d’autres provinces ou pays voisins.

L’Afrique en état d’alerte

Face à cette menace, l’Africa CDC et l’OMS ont établi une cartographie des risques à l’échelle continentale. La RDC et l’Ouganda figurent parmi les pays directement affectés. Dix autres États africains sont classés à haut risque en raison de leurs échanges commerciaux, de leurs axes de circulation ou de la porosité de leurs frontières avec les zones touchées.

Il s’agit notamment du Rwanda, du Kenya, de la Zambie, de l’Angola, du Burundi, du Congo-Brazzaville ou encore de la Tanzanie. Les autorités sanitaires africaines redoutent que l’intensification des mouvements transfrontaliers favorise l’exportation de nouveaux cas.

Alors que les équipes médicales poursuivent les campagnes de sensibilisation et de prise en charge, les experts estiment que les prochaines semaines seront décisives pour éviter une extension majeure de l’épidémie à l’échelle nationale et régionale.

MB – REUTERS – ACP

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