Ebola en RDC : un premier patient guéri en Ituri, l’espoir renaît dans la riposte

La riposte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo enregistre un premier signal encourageant. Un patient atteint de la souche Bundibugyo a été déclaré guéri dans la province de l’Ituri, épicentre de la 17ᵉ épidémie qui touche actuellement l’est du pays.
Cette annonce intervient alors que les autorités sanitaires congolaises poursuivent les efforts pour contenir la propagation du virus dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Pour le gouvernement, cette guérison constitue un motif d’espoir dans une lutte encore marquée par de nombreux défis sanitaires et communautaires.
Une souche rare et sans traitement homologué
La souche Bundibugyo du virus Ebola reste l’une des variantes les moins connues de cette maladie hémorragique. Identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda, elle avait déjà été détectée en RDC en 2012 à Isiro, dans la province du Haut-Uélé.
À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique homologué n’existe contre cette souche. Les malades sont essentiellement pris en charge selon les symptômes qu’ils présentent, notamment la déshydratation, les détresses respiratoires ou encore les complications liées aux hémorragies.
Malgré cette absence de traitement spécifique, les autorités sanitaires assurent que les équipes médicales déployées sur le terrain disposent d’une expérience importante acquise au cours des précédentes épidémies d’Ebola enregistrées dans le pays depuis 1976.
Une molécule américaine attendue pour des essais cliniques
Dans le cadre du renforcement de la riposte, le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, a annoncé l’arrivée prochaine d’un anticorps monoclonal développé par des chercheurs américains.
Cette molécule, déjà testée en laboratoire, pourrait être utilisée dans des essais cliniques sur les patients infectés par la souche Bundibugyo. Selon les autorités congolaises, des échanges avancés sont en cours avec les partenaires américains afin de rendre ce traitement disponible dans les prochains jours.
Pour le gouvernement, cette perspective représente une avancée majeure dans la lutte contre une souche pour laquelle aucune thérapie spécifique n’avait encore été expérimentée à grande échelle.
Trois provinces sous surveillance
Selon les chiffres du ministère de la Santé, l’épidémie reste limitée à trois provinces de l’est du pays : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Onze zones de santé sont concernées, dont sept en Ituri.
Les autorités sanitaires précisent qu’aucun cas confirmé n’a été enregistré en dehors de ces provinces, malgré les nombreuses alertes signalées dans d’autres régions du pays.
Le ministre de la Santé appelle également la population à ne pas relayer des chiffres non officiels, rappelant que seuls les bilans publiés par les services compétents du ministère font foi.
Miser sur la mobilisation communautaire
Au-delà des aspects médicaux, les autorités insistent sur l’importance de la sensibilisation communautaire dans la lutte contre Ebola. Plusieurs incidents de résistance ont déjà été enregistrés sur le terrain, notamment la destruction de centres de traitement dans certaines localités de l’Ituri.
Le gouvernement appelle les leaders communautaires, religieux et coutumiers à s’impliquer davantage dans la sensibilisation des populations afin de renforcer le respect des mesures barrières et la collaboration avec les équipes de riposte.
Alors que la RDC fait face à cette nouvelle flambée épidémique, la guérison d’un premier patient apparaît comme un signe d’espoir dans une bataille sanitaire qui reste loin d’être terminée.
Héritier Maila
Source : ACP






