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ÉCONOMIE AFRICAINE : Russie-Afrique : 27 milliards de dollars d’échanges, Moscou veut accélérer sa percée économique sur le continent

Leaders, including Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi, Russian President Vladimir Putin and Chairperson of the African Union and President of Burundi Evariste Ndayishimiye, attend a photo opportunity during the third Russia-Africa Summit in Moscow, Russia, October 29, 2026. REUTERS/Anastasia Barashkova/Pool

Une coopération à consolider

Réunissant des représentants de 48 pays africains, dont plusieurs chefs d’État et de gouvernement, le rendez-vous de Moscou constitue une nouvelle étape dans le rapprochement entre la Russie et le continent. Après Sotchi en 2019 et Saint-Pétersbourg en 2023, cette troisième rencontre intervient dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances économiques et la recherche de nouveaux partenaires commerciaux.

Sur le plan économique, les échanges entre la Russie et l’Afrique ont dépassé les 27 milliards de dollars en 2025, selon les chiffres avancés par les autorités russes. Ce niveau reste toutefois inférieur à l’objectif de 40 milliards de dollars annoncé lors du premier sommet de Sotchi. L’écart entre les ambitions affichées et les résultats commerciaux souligne l’ampleur du travail qui reste à accomplir.

Énergie, agriculture et ressources stratégiques

Les perspectives de coopération concernent plusieurs secteurs essentiels au développement des économies africaines. L’énergie figure parmi les domaines où Moscou souhaite renforcer son positionnement, notamment à travers les hydrocarbures, les technologies nucléaires civiles et les équipements énergétiques.

L’agriculture représente également un axe important. La Russie cherche à consolider ses débouchés pour les céréales, les engrais et d’autres produits agricoles, alors que plusieurs économies africaines restent confrontées aux enjeux de sécurité alimentaire et de productivité agricole.

Les ressources minières constituent un autre terrain potentiel de coopération. Le sous-sol africain, riche en minerais stratégiques indispensables aux industries modernes, suscite l’intérêt de nombreux partenaires internationaux. Pour les pays producteurs, l’enjeu ne consiste cependant plus uniquement à attirer des acheteurs ou des opérateurs étrangers, mais aussi à développer la transformation locale, les infrastructures et les compétences techniques.

Des annonces aux investissements concrets

Au-delà des déclarations politiques, le sommet devra être apprécié à l’aune de ses résultats économiques. Les pays africains attendent notamment des financements identifiés, des transferts de technologies, des créations d’emplois et une participation accrue des entreprises locales.

La déclaration de Moscou doit servir de cadre à la coopération pour la période 2027-2029. Reste à savoir dans quelle mesure les orientations retenues seront accompagnées de mécanismes de financement et de suivi capables de produire des résultats mesurables.

Pour l’Afrique, la diversification des partenaires représente une opportunité, à condition que les accords conclus répondent aux priorités de développement des économies nationales. La présence russe sur le continent devra ainsi se mesurer moins aux ambitions diplomatiques qu’à sa capacité à contribuer à la production, à l’industrialisation et à la création de valeur ajoutée.

MB / DEUTSCHE WELLE

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